Aung San Suu Kyi, portée par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est arrivée au pouvoir en 2015 et a mis fin à des décennies de junte militaire, mais son mandat a depuis été assombri par son silence autour de la crise des Rohingyas, minorité musulmane poussée à l’exil, et par la stagnation des négociations de paix avec des groupes d’insurgés dans des zones frontalières délaissées.

Seuls 13 mandats sont en jeu dans cette seconde élection partielle depuis l’élection nationale il y a trois ans, mais ceux-ci sont dispersés dans tout le pays et comprennent des sièges parlementaires et des sièges aux assemblées régionales locales, convoités par près de soixante-dix candidats issus d’une vingtaine de partis.

Les premiers résultats devraient être connus dimanche.

«J’ai voté LND ce matin», a indiqué à l’AFP Maung Maung, informaticien de 34 ans vivant dans le canton de Tamwe, dans le sud de Rangoun. «J’étais un fervent soutien de la LND pendant des années, mais pendant les années où la LND a été au pouvoir, il y a eu des échecs qu’ils essayent de rectifier», a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

«Je la soutiendrai jusqu’à ma mort», a pour sa part affirmé Aye Soe, un vendeur de rue de 52 ans, en parlant de la dirigeante birmane.

Mais la réputation d’Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a été écornée sur la scène internationale par la crise des Rohingyas. Plus de 720.000 membres de cette minorité musulmane ont fui vers le Bangladesh voisin suite à des exactions commises par l’armée birmane en août 2017.

Entassés dans des camps de réfugiés, ceux-ci ont décrit des meurtres, des viols et des villages brûlés par les militaires. La Birmanie a pour sa part affirmé que les militaires n’ont fait que se défendre face aux agressions d’insurgés rohingyas.

Des enquêteurs des Nations unies ont demandé à ce que la Cour pénale internationale soit saisie et que les militaires soient jugés pour génocide.

Agence France Presse - 3 novembre 2018