Interrogé par des journalistes sur cette question sensible, le chef du gouvernement français a répondu que le sujet était abordé "dans les forums qui vont bien, de la façon dont nous avons toujours procédé".

"Nous ne mettons rien sous le tapis, mais nous avons des discussions avec les autorités vietnamiennes qui ne passent pas par la presse", a-t-il plaidé.

Selon une source proche des discussions, la question des droits de l’Homme a été abordée "dans le cadre des entretiens" entre Edouard Philippe et les dirigeants vietnamiens vendredi, au premier jour de sa visite.

"L’attention des autorités vietnamiennes a été appelée sur une liste de cas individuels", a précisé cette source.

Au troisième et dernier jour de sa visite au Vietnam, le Premier ministre a inauguré un centre de santé français à Ho Chi Minh Ville, la capitale économique du pays.

"Accompagner la société vietnamienne, faire en sorte que des centres comme celui-ci puissent se développer, je pense que c’est aussi répondre à une aspiration de la société vietnamienne", a-t-il affirmé en réponse à la question sur les droits de l’Homme.

Le Vietnam, qui ne compte aucun média indépendant et est dominé par les communistes conservateurs depuis 2016, s'est doté d'une nouvelle loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d'expression.

Le texte, qui entrera en vigueur en janvier 2019, oblige les plateformes du web à retirer tout commentaire considéré comme une menace à la "sécurité nationale" et à stocker les informations personnelles et les données des utilisateurs.

Une centaine de personnes ont été emprisonnées en 2017 pour des raisons politiques, d'après Amnesty International, et une cinquantaine de militants et blogueurs ont déjà été condamnés cette année, selon un décompte de l’AFP.

Les groupes de défense des droits de l'Homme craignent que la répression s'accélère avec l’arrivée à la présidence du pays du secrétaire du parti communiste, Nguyen Phu Trong.

Edouard Philippe devait quitter le Vietnam dimanche soir au terme d’une visite qui l’a vu décrocher pour 10 milliards d’euros de contrats et accords commerciaux et se rendre sur le site de Dien Bien Phu pour honorer la mémoire des soldats français et vietnamiens de la guerre d’Indochine.

Agence France Presse - 4 Novembre 2018