En visite au Vietnam, le Premier ministre a fait un crochet de quelques heures pour se rendre sur le site de cette bataille qui a marqué la fin de l’occupation française en Indochine.

La seule et dernière fois qu’un dirigeant français s’est rendu à Diên Biên Phu remonte à 1993. C'est le président François Mitterrand qui avait fait le déplacement. Mais ce samedi, un Premier ministre n’ayant pas connu la guerre d’Indochine est venu honorer la mémoire des hommes tombés au combat.

Et c’est par le mémorial rendant hommage aux quelque 3 000 soldats français tombés dans la cuvette de Diên Biên Phu en 1954 qu’Edouard Philippe a commencé sa visite. Le Premier ministre était accompagné par une poignée d’anciens combattants comme le colonel Jacques Allaire, sensible à ce geste rare. « C’est une démarche de sa part qui est très honorable et auquel les anciens combattants de Diên Biên Phu sont très sensibles. »

Côté vietnamien, la bataille est synonyme de victoire, mais elle a laissé des traces. Plus de 7 000 morts, à qui Edouard Philippe a également tenu à rendre hommage. Là aussi pas un mot. Le Premier ministre s'est longuement recueilli, cette fois-ci accompagné d’un officiel vietnamien.

« Le message que je voulais faire passer ici, c’est un message d’admiration, de respect, de fierté aussi, a-t-il déclaré ensuite. Fierté qu’après ces combats intenses nous puissions aujourd’hui envisager avec le Vietnam des relations pacifiques. »

Un geste de mémoire du Premier ministre en forme de miroir, alors que le président français Emmanuel Macron débute ce dimanche un déplacement de plusieurs jours destiné à commémorer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Par Anne Soetemondt - Radio France Internationale - 3 novembre 2018