Plus de 50 ans après sa construction, la Porte du Maroc, située à Hanoï, la capitale du Vietnam, vient de faire peau neuve. La cérémonie d’inauguration du nouveau monument a eu lieu samedi 10 novembre, en présence du vice-président du Comité populaire de Hanoï, Ngô Văn Quý, et de l’ambassadeur du Maroc au Vietnam, Azzeddine Farhane, rapporte la presse vietnamienne.

Le monument a été édifié par des soldats marocains restés au Vietnam après la guerre d’Indochine (1946-1954), pendant laquelle ils avaient d’abord servi dans l’armée française avant de déserter celle-ci et de rejoindre les rangs du Viêt Minh, le Front de l’indépendance du Vietnam.

“En effet, à la demande du président Hô Chi Minh, le Parti communiste marocain a envoyé un syndicaliste, Mohammed ben Aomar Lahrech Maarouf, pour superviser et sensibiliser les soldats marocains à la lutte pour l’indépendance et la liberté du Vietnam”, a expliqué l’ambassadeur du Maroc lors de l’inauguration. “Le président Hô Chi Minh lui a donné le nom d’Anh Ma, ce qui signifie littéralement ‘Frère Cheval’, grâce à son leadership au sein de l’armée marocaine”, a-t-il ajouté.

La porte, située dans la commune de Tan Linh, district de Ba Vi, en banlieue de Hanoï, a été construite avec des matériaux vietnamiens. Elle s’inspire du style architectural des nombreuses portes présentes dans les villes impériales marocaines, comme Bab Al Mansour à Meknès, Bab Boujloud à Fès ou Bab Soufara à Rabat.

Au dessus des trois voûtes, le nom de la porte est inscrit en vietnamien, en arabe et en anglais (“Morocco Gate”). Le projet de restauration a été financé par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) à travers l’ambassade du Maroc au Vietnam.

“Le monument représente véritablement les valeurs communes de la paix du Vietnam et du Maroc. Il porte le message du président Hô Chi Minh sur la guerre et l’amitié des peuples du monde entier. C’est le seul et unique ouvrage architectural et culturel musulman de style marocain qui existe encore sur l’ensemble du continent asiatique”, a encore indiqué Azzeddine Farhane.

Pendant la guerre de résistance contre les Français au Vietnam, des milliers de légionnaires africains, dont des Marocains, ont déserté les troupes françaises et rejoint l’armée du Vietnam. Après la bataille de Diên Biên Phu en 1954 et la victoire du Viêt Minh contre les forces armées françaises, l’ancien président vietnamien Hô Chi Minh a demandé la mise en place d’une plantation vietnamo-africaine dans laquelle ont travaillé et vécu des centaines d’anciens soldats marocains en cohabitation avec des Vietnamiens.

La plupart de ces hommes se sont mariés avec des Vietnamiennes et se sont installés dans la région. Dans les années 70, certains survivants ont quitté le Vietnam et sont revenus dans leur pays natal avec femmes et enfants.

HuffPost Maroc - 13 novembre 2018