C'est pourtant ce qu'avance une enquête du média en ligne Asia Times publiée jeudi dernier. Elle interroge la fonction d'un port en eau profonde dans une zone concédée à un groupe chinois et actuellement en chantier. Sur Facebook, Asia Times note que l'article fait des vagues à Phnom Penh mais soutient fermement le bien-fondé de son enquête.

Lundi, le Premier ministre cambodgien a confirmé avoir reçu un courrier du vice-président américain Mike Pence. Il s'y enquiert à son tour d'un potentiel projet de base militaire chinoise au Cambodge tel que rapporté par Asia Times.

Hun Sen ainsi que plusieurs ministères ont pourtant démenti toute intention d'accueillir des destroyers de l'armée chinoise en précisant que la Constitution cambodgienne interdit la présence de troupes ou de bases militaires étrangères sur son territoire.

Le chantier du port de Koh Kong s'intègre officiellement dans un plan de développement touristique associé au projet chinois de « Nouvelle route de la soie ».

Un chantier déjà critiqué en raison de son impact sur l'environnement et d'une concession de presque 20% de la côte maritime cambodgienne à des investisseurs chinois.

La Chine est aujourd'hui l'un des principaux alliés diplomatiques du Cambodge à l'heure où les relations avec les Etats-Unis ne sont plus au beau fixe. L'influence américaine, longtemps prédominante en Asie du Sud-Est, se heurte de plus en plus aux ambitions économiques, stratégiques et militaires de la Chine.

En particulier dans le dossier concernant la mer de Chine du Sud, où Pékin revendique des territoires disputés par Taiwan, le Vietnam, la Malaisie ou les Philippines.

Par Juliette Buchez - Radio France Internationale - 20 novembre 2018