Les réactions sont virulentes sur les réseaux sociaux où de nombreuses images ont été diffusées: ici, reprenant le célèbre Cri d'Edvard Munch, un Bouddha se bouche les oreilles, là il lève la main, implorant d'"arrêter ce bruit".

A Yangon, pendant le festival de Tazaundaing, qui marque la fin de la saison des pluies et se termine jeudi, des hauts-parleurs installés sur des camions sillonnent la ville lançant des appels aux dons ou à la prière. Et, aux quatre coins des rues, des enceintes diffusent sans interruption musique électronique et rap birman.

"Je ne crois pas que Bouddha aimerait cela (...) Bouddha aime la paix et le silence", déplore Nyein Myat, une employée de banque âgée de 28 ans. "J'ai de jeunes soeurs qui sont à l'école. Elles ne peuvent pas étudier à cause du bruit", ajoute-t-elle.

Dénoncer officiellement ce vacarme en Birmanie, pays à 90% bouddhiste aux mains d'un clergé conservateur, serait toutefois considéré comme une offense.

En octobre 2016, un touriste néerlandais, excédé par le bruit venu d'un lieu de prières proche de son hôtel, avait débranché un haut-parleur. Immédiatemment interpellé, il avait écopé d'une peine de trois mois de prison.

En ce moment, "beaucoup de gens sont mécontents, mais c'est la saison religieuse et il est donc difficile d'aller voir la police", souligne Min Saw, 22 ans, qui travaille de nuit dans un magasin. Il essaye de dormir la journée, mais les bruits incessants "le rendent fou".

Agence France Presse - 22 novembre 2018