Dès que le Premier ministre et chef de la junte au pouvoir, Prayut Chan-ocha, en a fait l’annonce, les commentateurs politiques, faussement naïfs, ont posé la question. Car l’achat des voix est une vieille tradition dans le royaume. Et même la commission électorale s’est sentie dans l’obligation de dire qu’elle se saisirait du dossier et mènerait une enquête, rapporte le site indépendant Khaosod.

Dans le détail, les 14,5 millions de Thaïlandais aux revenus les plus bas pourraient chacun recevoir 500 bahts (13 euros) pour le nouvel an et 330 bahts (9 euros) supplémentaires par mois pendant dix mois pour les aider à payer leurs factures. Des montants respectivement portés à 1 000 et 400 bahts (26 et 11 euros) pour les plus de 65 ans.

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement thaïlandais fait ainsi preuve d’une immense générosité, rappelle le Bangkok Post dans son éditorial du 28 novembre. Des dons qui “laissent un sale goût”. D’autant que, selon le quotidien anglophone, ces mesures ont été prises à la suite d’une “série de décisions purement politiques perçues comme destinées à soutenir le régime militaire”, dont celle octroyant plus de temps à la commission électorale pour fixer les limites des circonscriptions.

La junte arrivée au pouvoir en 2014 à la faveur d’un coup d’État a promis des élections pour le début de l’an prochain, peut-être en février. Si elles se tiennent, ce seront les premières depuis 2011.

Courrier International - 29 novembre 2018