Les commerces visés ont déjà été invités à supprimer les panneaux «inappropriés» en mars. Cette décision intervient également dans un contexte de montée du sentiment anti-chinois dans la province côtière après la flambée de l’immigration chinoise.

Contrôles et la répression

Les contrôles et la répression se sont accentués après que les photos de ces panneaux soient devenues virales sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Lim Pheaktrey, un responsable de l’environnement à Sihanoukville, a déclaré que les autorités avaient retiré environ 200 enseignes des magasins situés dans les environs de la ville, affirmant que les propriétaires n’avaient pas demandé la permission de les installer, ce qui est contraire à la réglementation.

”…Généralement, ils le font eux-mêmes sans même demander la permission. S’ils l’avaient demandée, il n’y aurait pas que la langue chinoise sur les panneaux. Maintenant, conformément aux règles de notre province, s’ils veulent apposer des pancartes sur les magasins, ils doivent passer par le bureau de la culture pour vérifier le libellé de l’enseigne…”.

Selon Pheaktrey, les commerçants chinois ont recours à Google Translate car ils ne parlent pas le khmer. Il ajoute qu’aucune action en justice n’a encore été intentée contre les propriétaires car, techniquement, ils n’enfreignent pas la loi.

Pas de loi

”…Il n’y a pas de loi permettant d’infliger une amende, mais nous pouvons les éduquer, leur dire de demander la permission d’installer les pancartes, de leur demander de faire appel à un traducteur capable d’écrire les mots khmers correctement. De plus, nous leur avons demandé de mettre la langue khmère en deux fois plus grand que le chinois ou d’autres langues étrangères….”.

Mesures énergiques

San Chey, directeur national de l’ONG Affiliated Network for Social Accountability, a déclaré que les autorités devraient prendre des mesures plus énergiques contre ces infractions.

”…Les autorités cambodgiennes, en particulier le tribunal de Sihanoukville, devraient avoir recours aux mécanismes judiciaires pour ces infractions. C’est un gros problème de voir les Chinois oser afficher des pancartes indiquant le mot «Chine» dans un État indépendant et souverain. Et s’ils ne prennent pas des mesures plus énergiques, cela peut même se propager aux autres provinces…”, a-t-il déclaré.

Cambodge Mag - 29 novembre 2018