Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été condamnés début septembre en première instance en vertu d'une loi sur les secrets d'Etat. Ils travaillaient sur la mort en 2017 de dix Rohingyas lors de la répression militaire birmane contre cette communauté musulmane, qualifiée de génocide par l'ONU. Ils sont emprisonnés depuis leur arrestation en décembre 2017. Leur condamnation a connu un fort retentissement à travers le monde et a été largement considérée comme le résultat d'un procès fantoche destiné à entraver le travail des journalistes sur les actions de l'armée à l'encontre des Rohingyas.

Leur avocat Than Zaw Aung a indiqué à l'AFP qu'une audience aurait lieu le 24 décembre devant la cour régionale de Rangoun. L'examen de l'appel pourrait durer "au moins deux semaines" mais aller jusqu'à plusieurs mois. "Nous espérons leur libération sans conditions", a-t-il dit. Les journalistes resteront en détention pendant cette procédure d'appel.

Malgré les critiques internationales, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a justifié la détention de deux journalistes. Elle s'était refusée à intervenir pendant le premier procès, même si son gouvernement disposait de la possibilité d'abandonner les chefs d'accusation à leur encontre. Le président birman, Win Myint, un proche de Aung San Suu Kyi, peut cependant désormais accorder sa grâce aux journalistes.

En 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes, qualifiées de génocide par l'ONU.

Agence France Presse - 8 décembre 2018