La Cour suprême avait dissous en novembre 2017 le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), principale formation d'opposition, et interdit aux 118 membres de l'opposition d'exercer des activités politiques pendant une durée de cinq ans, laissant la voie libre au Premier ministre Hun Sen pour prolonger plus encore son long règne au pouvoir.

Cette dissolution faisait suite aux accusations du gouvernement de Hun Sen selon lesquelles les responsables du CNRP conspiraient pour renverser le gouvernement avec la complicité des Etats-Unis.

La totalité des 115 parlementaires du Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir ont voté en faveur de cette révision de la loi.

Dans un discours, Hun Sen a déclaré mercredi que les membres de l'opposition pourraient reprendre leurs activités politiques après en avoir fait la demande individuelle auprès de lui ou du ministre de l'Intérieur.

Il s'agit d'une tentative pour diviser le CNRP, a dit le vice-président du parti.

"Cette loi amendée donne les pleins pouvoirs à M. Hun Sen pour déterminer qui peut être réhabilité", a dit Mu Sochua à Reuters jeudi.

"La communauté internationale ne doit pas accepter de solutions fragmentaires mais des solutions acceptables pour toutes les parties concernées", a-t-il ajouté.

Emprisonné en septembre 2017 pour des accusations de trahison, le dirigeant du CNRP, Kem Sokha, se trouve en résidence surveillée dans la capitale Phnom Penh depuis sa remise en liberté sous caution en septembre dernier.

Certains y ont vu un geste d'apaisement après les critiques venues de l'étranger vis-à-vis des élections législatives organisées en juillet dernier.

Un membre du CPP a déclaré devant le parlement que l'amendement n'avait pas été décidé sous la pression internationale.

Reuters - 13 décembre 2018