La foule observe une minute de silence, puis des ballons noirs sont lâchés dans le ciel. Le triste anniversaire de l’arrestation de Kyaw Soe Oo et Wa Lone, deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison après avoir révélé le massacre de Rohingyas, a rassemblé sur une place du centre de Rangoon des dizaines de défenseurs des droits de la presse et de la liberté d’expression.

« Je suis ici, car le journalisme n’est pas un crime. Nous demandons aux autorités la libération immédiate des journalistes étant donné que de nombreuses preuves montrent qu’ils n’ont rien fait de mal », affirme Khin.

Selon l’organisation de défense de la liberté d'expression Athan, 44 journalistes et 142 activistes ont été arrêtés en Birmanie depuis l’arrivée au pouvoir du parti d’Aung San Suu Kyi. Une situation préoccupante, que dénonce Moe Thway, de l’association Generation Wave : « Sous le précédent gouvernement, nous pensions que le parti d’Aung San Suu Kyi serait le plus approprié pour défendre les droits de l’homme et la liberté de la presse. Mais ça ne s’est pas passé ainsi. Aujourd’hui, elle diffame les médias et la société civile. Ce n’est pas bon signe. »

Le procès en appel des deux journalistes débutera le 24 décembre prochain. En attendant, le magazine Time a marqué le coup en désignant, parmi d'autres journalistes, Kyaw Soe Oo et Wa Lone personnalités de l’année 2018.

Par Héloïse de Montety - Radio France Internationale - 12 décembre 2018