Le Cambodge a reçu le soutien financier de la Chine pour ce projet, malgré l'impact environnemental et le déplacement de milliers de villageois.

Le barrage de 400 mégawatts, baptisé Lower Sesan 2, est le plus gros barrage du Cambodge. Situé dans la province de Stung Treng, dans le nord-est du pays, il doit booster le réseau électrique cambodgien. Ce projet de près de 700 millions d'euros est le fruit d'une alliance entre la compagnie cambodgienne Royal Group, la compagnie publique chinoise Hydrolancang International Energy et le groupe EVN International, basé au Vietnam. Ce barrage appartiendra à l’Etat cambodgien après 40 années d’utilisation.

Inquiétudes sur l’impact écologique et humain

« La plupart des gens soutiennent ce projet, mais certains villageois créent des difficultés, y étant poussés par des étrangers », a déclaré Hun Sen, qui dirige le pays d'une main de fer depuis plus de trente ans, lors de cette inauguration diffusée sur la télévision nationale. Pourtant des milliers de villageois ont dû quitter bon gré mal gré leurs villages, désormais submergés.

Outre les inquiétudes de l'ONU, l'ONG International Rivers dénonce « un impact écologique catastrophique » sur les stocks de poisson et l'environnement de cet affluent du Mékong. Avec plus de 4 800 kilomètres de long, le Mékong abrite la biodiversité aquatique la plus importante du monde après l'Amazone, avec notamment 1 300 espèces de poissons. Et il est vital pour la survie des 60 millions de personnes vivant directement du fleuve en Asie du Sud-Est.

Pékin aux commandes sur le Mékong

Pourtant, c'est plus au nord que tout se joue : les dirigeants chinois détiennent entre leurs mains l'avenir du fleuve. Pékin a déjà construit six barrages sur le cours supérieur du Mékong et investi dans plus de la moitié des 11 barrages prévus plus au sud, d'après l'ONG de défense de l'environnement International Rivers. En contrôlant le débit en amont, la Chine possède un énorme moyen de pression. Ainsi en 2016, Pékin a permis au Vietnam d'atténuer les effets d'une grave sécheresse en ouvrant les vannes.

Radio France Internationale avec Agence France Presse - 17 décembre 2018