Ces attaques sont intervenues lundi soir dans le district de Maungdaw dans le nord de l'Etat Rakhine, épicentre depuis plusieurs années des violences contre les Rohingyas.

En août 2017, plus de 720.000 membres de cette minorité musulmane se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions commises par des militaires birmans et des milices bouddhistes.

Des enquêteurs de l'ONU ont dénoncé un "génocide" et un nettoyage ethnique, appelant à poursuivre devant la justice internationale six généraux birmans dont le commandant des forces armées birmanes, Min Aung Hlaing. La Birmanie a rejeté ces accusations, affirmant s'être défendue contre des attaques de rebelles Rohingyas envers des postes de police.

Dans un communiqué posté sur son site officiel, le bureau de Min Aung Hlaing indique que les forces de sécurité sont à nouveau actives et ont entrepris des "opérations de nettoyage le long de Puy Ma Creek".

Ces opérations ont été lancées, selon le communiqué, après la découverte des corps de deux pêcheurs bouddhistes de l'Etat Rakhine qui avaient été égorgés. Le même jour, deux autres pêcheurs bouddhiste ont été attaqués par six hommes "parlant bengali" mais ils ont pu s'enfuir et être soignés à l'hôpital. Les autorités ignorent l'identité des assaillants.

Les Rohingyas, privés de la nationalité birmane et de droits civiques, sont désignés de façon péjorative "bengalis" en Birmanie, où ils sont considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

La tension reste vive dans l'Etat Rakhine après l'échec mi-novembre d'un processus de retour engagé aux termes d'un accord entre la Birmanie et le Bangladesh, les réfugiés rohingyas refusant d'y participer sans garanties pour leurs droits et leur sécurité. Ils craignent aussi d'être à leur tour immédiatement cantonnés dans les camps de fortune de l'État Rakhine.

Les Rohingyas qui se trouvent toujours dans l'Etat Rakhine sont de plus isolés et plusieurs bateaux chargés d'hommes, femmes et enfants tentant de fuir ont été interceptés ces dernières semaines et forcés à faire demi-tour.

Agence France Presse - 20 décembre 2018