"Alors que l'armée a cessé ses activités militaires, des troupes de l'Armée de l'État Shan ont attaqué une colonne militaire stationnée dans la zone de Mongpan" jeudi, ont indiqué dans un communiqué les services du chef d'état-major.

Ils font état de "plusieurs morts et blessés" parmi les soldats, sans plus de précision.

La Shan State army (SSA), officiellement rebaptisée Restoration Council of Shan State (RCSS), a démenti son implication : "Nos responsables militaires locaux ont indiqué que cela ne venait pas de nous", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Sai Oo. "Nous avons déjà ordonné à nos soldats sur le terrain d'éviter tout affrontement".

L'armée birmane a par ailleurs démenti des informations des médias locaux faisant état de combats dans la zone de Kutkai, dans la même région, les 24 et 25 décembre, avec le même groupe rebelle.

"Si les agences de presse continuent de rapporter des informations non vérifiées, elles seront visées par des actions judiciaires", a menacé jeudi dans un communiqué la "Tatmadaw True News Information Team", service de communication de l'armée.

L'armée avait annoncé le 21 décembre qu'elle suspendrait pour quatre mois "toutes ses opérations militaires" dans les régions rebelles du nord et l'est de la Birmanie.

Mais la rupture rapide du cessez-le-feu met en doute les chances d'amener des groupes rebelles ethniques à rejoindre un processus de paix qui piétine depuis des années.

Ces régions frontalières du nord et de l'est birman sont en proie à des troubles armés depuis l'indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1948. Des dizaines de milliers de personnes vivant dans ces zones de conflit ont été déplacées.

Cette annonce de cessez-le-feu ne concerne pas l'État Rakhine, dans l'ouest du pays, où la répression militaire avait forcé en 2017 quelque 720.000 musulmans Rohingyas à fuir au Bangladesh, dans ce que des enquêteurs de l'ONU ont dénoncé comme un "génocide".

Agence France Presse - 28 décembre 2018