Agé de 66 ans, Hun Sen est au pouvoir depuis 33 ans. Il est souvent accusé de vouloir mettre en place une dynastie politique et a déjà installé ses trois fils à des fonctions importantes.

Le fils aîné, Hun Manet, âgé de 41 ans, a franchi une nouvelle étape jeudi en étant élu au comité permanent du Parti du peuple cambodgien (PPC), a déclaré à l'AFP le porte-parole du parti Sok Eysan.

Le PPC est devenu le parti unique au Parlement après avoir remporté tous les sièges aux élections législatives controversées de juillet. La Cour suprême avait plusieurs mois auparavant dissous le principal parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (Cambodia National Rescue Party, CNRP) et les 19 petits partis autorisés à se présenter étaient tous alliés au PPC.

Six autres, dont le commandant en chef des forces armées Vong Pisen et le commandant de la police militaire Sao Sokha, ont également fait leur entrée au comité. Ces promotions sont fondées sur "les capacités" des personnalités élues, selon Sok Eysan. Il a assuré qu'il n'y avait "aucun conflit d'intérêts entre leurs activités professionnelles et politiques".

Le comité permanent du CPP compte 37 membres dont Hun Sen, le ministre de l'Intérieur Sar Kheng et le ministre de la Défense Tea Banh.

Le Premier ministre se défend de tout népotisme en attribuant la carrière de ses enfants à la qualité de leur formation.

Hun Manet, diplômé de la prestigieuse académie militaire américaine de West Point, avait déjà été promu fin juin à deux importantes fonctions militaires assorties du grade de général quatre étoiles: chef de l'état-major par intérim et commandant du quartier général de l'armée.

Il avait parallèlement conservé ses fonctions à la tête de l'unité anti-terroriste du ministère de la Défense et de commandant adjoint de l'unité personnelle des gardes du corpts de son père.

Le deuxième fils de Hun Sen, Hun Manit, dirige une influente unité de renseignement militaire, et son fils cadet, Hun Many, est un parlementaire qui contrôle le mouvement de jeunesse du parti au pouvoir.

Selon des analystes, Hun Sen, l'un des plus anciens dirigeants au pouvoir dans le monde, prépare ses fils à son éventuelle succession mais ne fait pas mystère de son intention de rester au pouvoir une décennie supplémentaire.

Agence France Presse - 20 décembre 2018