«Je ne fais qu'appliquer la loi. Mais vous vous plaignez à vos chefs (en Europe) pour qu'ils vous vengent. Je vais vous écraser un peu plus», a déclaré Hun Sen, lors d'une allocution marquant ses 34 années au pouvoir. L'homme fort du Cambodge accuse régulièrement l'opposition d'être à la solde de l'Occident en vue d'un renversement de son régime autoritaire. Le chef de l'opposition, Kem Sokha, est en résidence surveillée pour espionnage à la solde de Washington.

Hun Sen s'inquiète de la fin de l'initiative «Tout sauf les armes» (TSA) qui autorise le Cambodge et plusieurs autres dizaines de pays en voie de développement à exporter leurs produits, armes exceptées, vers les États membres de l'UE sans payer de droits de douane. Bruxelles a menacé en octobre de suspendre cet accord préférentiel qui bénéficie principalement au secteur de la confection textile employant des centaines de milliers de travailleurs dans le royaume et dont les exportations vers l'Europe représentent des milliards de dollars.

«Si vous voulez que l'opposition survive, ne faites pas ça», a appelé Hun Sen, évoquant un «prix à payer» en cas d'exclusion du Cambodge de l'initiative TSA.

L'Essentiel (.lu) avec Agence France Presse - 14 janvier 2019