Environ 200 personnes, parmi lesquelles des expatriés vietnamiens, ont manifesté ce mardi devant le Palais des Nations, à Genève, à l’occasion de l’examen périodique universel (EPU) du Vietnam. Tous les quatre ans, les États membres sont appelés à présenter un rapport devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ses membres peuvent formuler des conseils mais ils n’ont pas de valeur contraignante.

L’exercice n’est pas pour autant pris à la légère. Certains pays, surtout lorsqu’ils sont en train de négocier des accords commerciaux importants, n’aiment pas se retrouver sous le feu de la critique. Ce qui est le cas du Vietnam. Cela fait des mois que Hanoï se prépare à cette échéance. La croissance économique a permis des avancées sociales conséquentes mais des progrès restent à faire dans de nombreux autres domaines.

«Un record honteux»

«Le Vietnam détient un record honteux. C’est le pays qui compte le plus grand nombre de prisonniers d’opinion dans le monde», affirme Teresa Kieu Tran Ngoc, présidente du Mouvement international des jeunes pour les droits de l’homme. Plusieurs ONG, parmi lesquelles Amnesty International, ont dénoncé, ces dernières années, le sort réservé aux opposants politiques.

À la veille de l’ouverture des travaux du Conseil des droits de l’homme, un collectif d’associations vietnamiennes a dénoncé «les restrictions arbitraires à la liberté d’expression, aux rassemblements pacifiques et à la liberté de religion».

«Des accusations amplifiées»

«Ces accusations sont amplifiées et instrumentalisées à des fins politiques. Le Vietnam respecte la Charte universelle des droits de l’homme», a réagi le vice-ministre des Affaires étrangères du Vietnam, Le Hoai Trung, qui dirigeait la délégation envoyée par Hanoï.

Lors des débats, les représentants vietnamiens ont affirmé que le pays comptait plus de 3 millions de blogueurs et que de nombreux habitants étaient connectés et avaient un compte sur Facebook.

Par Alain Jourdan - 24 Heures (.ch) - 22 janvier 2019