Les corps de deux opposants thaïlandais anti-monarchistes, le corps mutilé et rempli de béton, ont été retrouvés dans le Mékong, a annoncé la police ce mardi.

Les hommes, dont les corps avaient été retrouvés en décembre, ont finalement pu être identifiés grâce à des tests ADN, a indiqué un policier sous couvert de l’anonymat.

"La police m’a confirmé que l’ADN correspondait au mien et qu’il s’agit de mon père", a déclaré le fils d’une des victimes, souhaitant lui aussi rester anonyme. Officiellement, la police se refuse à tout commentaire.

Ils avaient disparu mi-décembre au Laos

Les deux hommes faisaient partie d’activistes ayant trouvé refuge au Laos voisin après le coup d’État militaire de 2014, réalisé au nom de la protection de la monarchie. Depuis le Laos, ils multipliaient les messages critiquant la junte et la monarchie, protégée par une loi draconienne en Thaïlande qui punit les contrevenants de longues années de prison.

Ils avaient disparu mi-décembre au Laos avec un opposant de premier plan, Surachai Sae-Dan, lui aussi réfugié dans ce pays. Ce dernier est toujours porté disparu.

L’ONG internationale Human Rights Watch a réagi mardi en pointant du doigt "l’absence de protection" des réfugiés politiques thaïlandais au Laos communiste. "Nous enjoignons aux autorités laotiennes d’enquêter sur les disparitions forcées de militants thaïlandais" sur son territoire, a souligné Sunai Phasuk de Human Rights Watch.

Le nouveau roi de Thaïlande Maha Vajiralongkorn sera couronné début mai lors d’une cérémonie très élaborée de trois jours, deux ans et demi après le décès de son père, le vénéré roi Bhumibol. Rama X, âgé aujourd’hui de 66 ans, n’a pas attendu d’être couronné pour remodeler les institutions monarchiques thaïlandaises, prenant de court les observateurs qui le percevaient davantage comme un monarque peu investi.

Il a notamment quadruplé le nombre de policiers d’élite chargés de sa surveillance, mais a aussi pris en main plusieurs organismes supervisant les affaires de la royauté et sa sécurité, jusqu’ici sous contrôle gouvernemental ou militaire.

Agence France Presse - 22 janvier 2019