Mais c’est une grande partie du nord du pays qui souffre depuis plusieurs jours de taux élevés de microparticules de moins de 2,5 microns (PM2,5). Lamphun, Lampang, mae Hong Son, Phrae, Nan, mais aussi Loei ou encore Khon Kaen dans le nord-est font partie des zones marquées en rouge, synonyme de taux dangereux pour la santé, requérant le port d’un masque anti-pollution pour toute personne et l’arrêt de toute activité extérieure pour les personnes fragiles.

Chiang Mai a connu mardi des niveaux de PM2,5 dépassant les 100 microgrammes par mètre cube sur de nombreuses zones dans et autour de la ville avec des pics dépassant les 150 microgrammes à certains endroits comme sur Grace International School dans le sud de la ville - l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un niveau d'exposition maximum quotidien de 25 microgrammes.

Certaines écoles internationales comme Panyaden ont annoncé qu’elles suspendraient les cours dès lors que l’indice de qualité de l'air (AQI) atteignait les 200 dans leur secteur – Air Visual, un indicateur indépendant de la qualité de l'air en ligne, propose une application mobile qui permet de suivre en temps réel les niveaux de pollution sur des sites donnés (lieux de travail, école, foyer, etc.) et selon la géolocalisation avec des projections sur la semaine.

Les autorités provinciales de Chiang Mai ont annoncé l’interdiction du brûlage en plein air de 60 jours du 1er mars au 30 avril. Les personnes fournissant des informations utiles menant à l’arrestation des contrevenants recevront une récompense en espèces de 5.000 bahts.

A 90 kilomètres au sud de Chiang Mai, dans la province de Lampang, le taux de PM 2,5 a atteint des niveaux supérieurs à 100 microgrammes mardi en raison notamment de feux de forêts, rapporte le Bangkok Post. Idem dans la province de Loei dans le nord-est du pays où plus de 80 hectares de forêt sont partis en fumée durant le week-end, aggravant une pollution atmosphérique déjà bien nourrie par les brûlis saisonniers. Dans la province voisine de Khon Kaen, le brouillard nocif est installé depuis une semaine avec des taux dépassant là aussi les 100 microgrammes, les producteurs de canne à sucre qui brûlent leurs champs étant les premiers incriminés, selon The Nation.

Le Premier ministre Prayuth Chan-o-cha a déclaré en conseil des ministres mardi que la lutte contre le smog devait faire partie de l’agenda national. «Le Premier ministre a demandé à toutes les autorités compétentes de définir des lignes directrices pour inciter tous les secteurs à trouver une solution durable à la prévention du smog», a indiqué le porte-parole du gouvernement, le lieutenant-général Werachon Sukondhapatipak, cité par The Nation.

Globalement, ces épisodes de pollution en province sont largement imputés aux brûlis agricoles saisonniers et autres feux de forêts combinés à des conditions atmosphériques propres à la saison dite sèche -peu de vent, pas de pluies- qui contribuent à l’accumulation des microparticules à basse altitude. A Bangkok -qui affiche de nouveau des niveaux inquiétants cette semaine après quelques jours d'accalmie-, les principaux facteurs sont l’activité industrielle et les gaz d’échappement avec toujours les mêmes conditions atmosphériques aggravantes. Sur le bassin Chiang Mai/Lamphun ces facteurs, qui produisent des composants nocifs différents de la combustion végétale, commencent aussi à être pris en considération.

"Le smog devrait empirer avec l’effet El Nino, qui interviendra très bientôt», avait déclaré fin janvier au South China Morning Post Tara Buakamsri, directeur Thaïlande de l'ONG Greenpeace.

Lepetitjournal.com - 13 février 2019