Ce vendredi 15 février 2019, la justice birmane a condamné à mort deux des accusés (la peine de mort n'est plus appliquée dans le pays depuis plus de 30 ans), tandis que deux de leurs complices ont été condamnés à des peines de prison. Une affaire qui comporte encore des zones d’ombre.

Le 29 janvier 2017, ce célèbre avocat birman avait été assassiné d’une balle dans la tête, devant l’aéroport de Rangoun, son petit-fils dans les bras. Si quatre hommes ont été arrêtés, et condamnés ce vendredi, le procès a été entravé d’obstacles selon la Commission internationale des juristes. L’organisation non gouvernementale a dénoncé des témoignages non pertinents, et l’absence de certains témoins-clés.

Selon l’ONG, la police n’a pas assez enquêté sur les motifs politiques derrière cet assassinat, deux des accusés étant d’anciens militaires, tout comme le commanditaire présumé du meurtre (qui se trouve toujours dans la nature). L’issue de ce procès était attendue dans le pays, car Ko Ni était l'une des voix les plus actives en faveur d’un changement de la Constitution de 2008 : le texte donne des pouvoirs importants à l’armée et empêche Aung San Suu Kyi de devenir présidente.

L’avocat prônait également la tolérance religieuse, dans un pays confronté à l'extrémisme bouddhiste. L'influent moine ultranationaliste Wirathu avait d’ailleurs remercié les meurtriers de Ko Ni dans un message Facebook après son assassinat. Un assassinat « politique », avait dénoncé à l’époque le parti d’Aung San Suu Kyi. La dirigeante, qui ne s’était pas rendue aux funérailles de l’avocat musulman, a appelé fin janvier à ce que la lumière soit faite sur cette affaire.

Radio France Internationale - 15 février 2019