A 56 ans, après avoir « franchi la frontière » – ce sont ses mots –, séparant le sexe masculin du sexe féminin, Pauline Ngarmpring vient de décider de passer à la vitesse supérieure : le 24 mars, à l’occasion des élections législatives, elle deviendra la première personne transgenre à être candidate au poste de premier ministre de l’histoire de la Thaïlande. Le royaume a beau être connu pour son importante population de personnes transsexuelles, une minorité beaucoup mieux intégrée dans le tissu social que dans les pays occidentaux, c’est la première fois qu’un(e) de leur représentant(e) ose se lancer en politique à ce niveau.

Répondant samedi 16 février par téléphone aux questions du Monde, Pauline – qui dans son incarnation précédente s’appelait Pinit et était un père de deux enfants – donne le sentiment d’une politicienne mesurée, sérieuse, tout entière concentrée sur son objectif. C’est principalement pour défendre le monde des personnes transgenres et celui des lesbiennes, gays et bisexuels (LGBT) que Pauline est entrée dans l’arène : « les Occidentaux se font une fausse idée du degré de tolérance pour les transgenres en Thaïlande », explique-t-elle. « En fait, nous sommes largement confinés à l’univers du divertissement et pas vraiment acceptés en tant qu’individus. »

Par Bruno Philip - Le Monde - 18 février 2019