"Le récit historique est vide pour le XVe siècle à Angkor, nous n'avons aucune trace écrite pour nous dire pourquoi, quand et comment ils sont partis", explique le géographe Dan Penny, à l'Université de Sydney, membre de l’équipe. L'étude a été publiée lundi dans le Compte-rendu de l'Académie nationale des sciences américaine (PNAS).

Le temps inscrit dans la terre

La carotte de sédiments sert de "livre d'histoire naturelle ayant enregistré tous les changements dans l'utilisation de la terre, le climat et la végétation, année après année", précise le chercheur. Quand les humains habitent un endroit, ils brûlent du bois, ils érodent le sol et perturbent la végétation. Quand ils s'en vont, les traces changent. Or "dans les premières décennies du XIVe siècle, le déclin commence", selon les traces recensées dans l’échantillon terreux, dit Dan Penny.

A la fin du 14e siècle, la douve sud d'Angkor était envahie par la végétation. "Il en découle que la gestion du sol avait cessé", écrivent les chercheurs. Les historiens débattent depuis longtemps sur l'abandon plus ou moins progressif d'Angkor, certains arguant que la fin avait été brutale, après l'invasion Ayutthaya, en 1431.

L’effondrement brutal d'Angkor réfuté

La terre dit à l'inverse que la cité, une des plus puissantes d'Asie du sud-est, avait commencé à décliner un siècle avant, avec le départ progressif des élites royales, religieuses et commerciales.

"Il n'y a pas eu d'effondrement, il s'agissait d'une décision délibérée de se détourner d'Angkor", dit Dan Penny, les élites s'installant à la place plus près des centres d'échange du delta du Mékong. D'autres carottes, à ces destinations, en confirmeront peut-être le rythme.

Par Culturebox avec Agence France Presse - 26 février 2019