Répondant le 28 février à des questions de correspondants sur le Sommet entre les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC), à Hanoï, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lê Thi Thu Hang, a indiqué que le Vietnam et la communauté internationale avaient suivi de près, ces deux derniers jours, cet événement important.

Elle a rappelé que le président américain Donald Trump et le président de la RPDC, Kim Jong Un, avaient affirmé que leur rencontre à Hanoï était une avancée importante du processus de dialogue entre les deux parties. À travers les dialogues lors de ce Sommet, les deux dirigeants avaient réalisé des efforts actifs et discuté de plusieurs questions importantes concernant la paix, la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"En tant que pays hôte du second Sommet États-Unis - RPDC, le Vietnam a fait des efforts, mené des préparatifs minutieux sur tous les aspects, garanti la sécurité et la sûreté pour le Sommet, ce qui a illustré sa politique extérieure d’indépendance, d’autonomie, de paix, de coopération et de développement, ainsi que sa volonté d’être un membre responsable de la communauté internationale", a affirmé Lê Thi Thu Hang.

"La position, le rôle et les préparatifs du Vietnam ont été reconnus et appréciés des dirigeants des États-Unis, de la RPDC et de la communauté internationale", a-t-elle ajouté.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères a souhaité que les parties poursuivent leurs dialogues afin de résoudre les problèmes sur la péninsule coréenne et de promouvoir les relations entre les États-Unis et la RPDC. Elle a enfin souligné que le Vietnam était prêt à collaborer pour promouvoir le processus de paix sur la péninsule coréenne.

Agence Vietnamienne d'Information - 1er mars 2019


Vietnam. Trump et Kim se séparent à Hanoï sur un échec

Donald Trump et Kim Jong Un se sont séparés jeudi sur un échec à Hanoï après un sommet consacré à l’épineux dossier de la dénucléarisation de la Corée du nord, le président américain imputant les espoirs déçus aux exigences nord-coréennes sur les sanctions.

Ce sommet était censé apporter de la substance aux engagements pris durant leur tête-à-tête du 12 juin à Singapour. Les deux dirigeants avaient alors écrit une page d’histoire, mais avaient seulement signé une déclaration commune « sur la dénucléarisation de la péninsule ». Depuis, les deux camps divergent sur le sens de la formule.

Il « faut parfois quitter » les négociations, a lancé Donald Trump lors d’une conférence de presse, visiblement fatigué, voire abattu, sans son énergie habituelle. Il a expliqué que les discussions avaient achoppé sur la question des sanctions économiques infligées au Nord du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits. « En fait, ils voulaient que les sanctions soient levées complètement mais on ne pouvait pas faire ça ».

« J’aurais aimé aller plus loin », a-t-il dit, assurant toutefois que Pyongyang ne reprendrait pas ses essais nucléaires. Le troisième de la dynastie au pouvoir à Pyongyang « a déclaré qu’il ne testerait pas de missiles, ou de fusées, ou quoi que ce soit qui ait un rapport avec le nucléaire », a martelé Donald Trump.

« Ce sommet manqué est symptomatique d’une diplomatie manquée »

Les deux dirigeants étaient passés en quelques mois des insultes personnelles et menaces apocalyptiques à des déclarations « d’amour » de la part de Donald Trump. Mais, après Singapour et Hanoï, aucune nouvelle rencontre n’est à l’horizon.

Pour le secrétaire d’État Mike Pompeo, qui accompagnait le président américain, les deux parties « ont besoin de se réorganiser » avant de se mettre d’accord sur une autre rencontre. « Mon sentiment est que cela prendra un peu de temps. C’est un échec majeur », a réagi Joe Cirincione, président de la Fondation Ploughshares, qui milite pour une dénucléarisation globale.

« Ce sommet manqué est symptomatique d’une diplomatie manquée », a déclaré Adam Mount, analyste à la Fédération des scientifiques américains. « La politique du tout ou rien ne mène à rien », selon lui. Initialement, la Maison Blanche avait prévu une « cérémonie de signature conjointe » entre les deux dirigeants. En fait, ils ont quitté l’hôtel Metropole, luxueux établissement du centre de Hanoï, sans signer quoi que ce soit. Donald Trump est reparti pour les États-Unis dans l’après-midi.

Ils ont « eu des réunions très constructives » et ont « discuté des différentes manières d’avancer sur des concepts en rapport avec la dénucléarisation et l’économie », a néanmoins souligné la Maison Blanche. Séoul a déploré un « résultat regrettable » mais relevé néanmoins des progrès. De son côté, la Chine a appelé Washington et Pyongyang à poursuivre leur dialogue, soulignant que la question nucléaire nord-coréenne ne pouvait pas être résolue « du jour au lendemain ».

Donald Trump est sous pression

Donald Trump a passé plus de 20 heures dans l’avion pour se rendre à Hanoï. Kim Jong Un a lui entrepris une odyssée ferroviaire de deux jours et demi. Il a prévu de rester au Vietnam pour une visite d’État avant de partir samedi. Si Kim Jong Un a évoqué la perspective d’une représentation permanente des États-Unis en Corée du Nord, Donald Trump avait tempéré dès avant la rencontre les espoirs de percée à court terme. « Je ne suis pas pressé », avait-il répété. « La vitesse n’est pas si importante que ça pour moi ».

Donald Trump assure régulièrement qu’il n’y a nul besoin de se précipiter pour convaincre la Corée du Nord de désarmer, tant que celle-ci s’abstiendra, comme elle le fait depuis plus d’un an, de procéder à des tirs de missiles et à des essais nucléaires. Kim Jong Un avait souligné quant à lui qu’il ne serait pas présent à Hanoï s’il n’était pas prêt à la dénucléarisation, tout en restant évasif sur d’éventuelles mesures concrètes.

Le locataire de la Maison Blanche est sous pression dans ce dossier où ses prédécesseurs ont échoué. Une percée diplomatique lui aurait permis de détourner l’attention de ce qui se passe à Washington, où son ex-avocat Michael Cohen a livré devant le Congrès un témoignage aussi explosif qu’accablant. Donald Trump l’a accusé jeudi d’avoir « beaucoup menti ».

Donald Trump avait une nouvelle fois fait miroiter à son « ami Kim Jong Un » un spectaculaire développement économique si la Corée du Nord acceptait enfin de renoncer à ses armements. « À plus long terme, je sais que nous aurons une réussite fantastique » avec le Nord, avait-il lancé. « Cela va être une puissance économique. Avec un peu d’aide au bon endroit, je crois que cela va être quelque chose de très spécial ».

Les États-Unis ont maintes fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de ses armes nucléaires de manière complète, vérifiable et irréversible. Mais, pour la Corée du Nord, la dénucléarisation s’entend beaucoup plus largement. Elle veut la levée des sanctions internationales qui l’étranglent et la fin de ce qu’elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir une présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Le télégramme - 28 février 2019