Le premier ministre Hun Sen est revenu lundi 11 mars sur sa position de la veille quant au rétablissement de la peine de mort au Cambodge.

Lors d’une visite rendue à des enfants victimes d’agressions sexuelles dimanche 10 mars, Hun Sen a déclaré aux médias qu’il pourrait envisager de modifier l’article 32 de la constitution qui interdit la peine de mort, afin de punir en conséquence les parents qui violent leurs enfants. Le rétablissement de la peine de mort aurait nécessité une modification de la constitution du Cambodge. Hun Sen avait déclaré qu'il envisageait une telle modification de la constitution par référendum.

Cette déclaration a donné lieu à de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias. Hun Sen a indiqué avoir décidé de ne pas rétablir la peine de mort après avoir pris en compte les avis de trois analystes, dont le président du Future Forum Ou Virak, qui a indiqué sur Twitter que « la peine de mort ne fonctionne pas et peut entraîner des dérives. »

Hun Sen a indiqué qu’il souhaitait renforcer les campagnes de sensibilisation morale pour prévenir des violences et abus sexuels subis par les femmes, tout en renforçant l'application de la loi afin de punir les coupables de tels crimes.

La peine de mort est abolie au Cambodge depuis 1989. La constitution cambodgienne de 1993 précise dans son article 32 que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle. La peine de mort ne doit pas exister ». Elle continue cependant d’exister dans les pays voisins, en Thaïlande, au Laos et au Vietnam.

Par Paul Vernois - Lepetitjournal.com - 11 mars 2019