Sitôt la fermeture des bureaux de vote, à 17 heures heure locale ce dimanche 24 mars, un sondage de sortie des urnes donnait le Pheu Thai vainqueur des élections, rapporte Channel News Asia. La formation d’opposition, proche du clan Thaksin, du nom de l’ancien Premier ministre renversé en 2006 par un coup d’Etat et dont la base électorale est formée par les classes les plus populaires, obtiendrait 163 des 500 sièges de la Chambre basse du Parlement. Le Phalang Pracharat du général Prayuth, chef de la junte arrivée au pouvoir à la faveur d’un autre coup d’Etat en 2014, obtiendrait quant à lui 96 sièges.

À son arrivée au quartier général du Pheu Thai, la candidate au poste de Premier ministre Sudarat Keyuraphan a été fêtée par ses supporters, alors que les premiers sondages faisaient état d’une possible victoire, rapporte le site Khaosod. Au cours d’une conférence de presse, elle a demandé à ce que “le parti qui a remporté le plus grand nombre de siège à la Chambre basse soit autorisé à former un gouvernement”, écrit The Nation. “Elle a aussi appelé les 250 sénateurs nommés à respecter le choix des électeurs.”

Car le Sénat pourrait bien priver le Pheu Thai de sa victoire et l’empêcher d’accéder aux commandes du pays. Avant d’organiser ces élections maintes fois repoussées, la junte a pris soin de réviser la Constitution en sa faveur. Et de fait, ce sont les deux chambres du Parlement, dont ces 250 sénateurs doivent leur nomination aux militaires, qui nomment le Premier ministre. Les militaires n’ont donc besoin de s’assurer du soutien que d’un quart des élus de la Chambre basse, ce qui semble à leur portée.

Courrier International - 24 mars 2019