Deux forces politiques s’affrontent à l’issue des législatives du 24 mars, les premières organisées dans le royaume depuis la prise de pouvoir de la junte militaire en mai 2014.

Numériquement, la faction proarmée, le Palang Pracharat, a engrangé le plus de voix, mais le principal parti d’opposition lié à l’ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, bête noire de la junte, a raflé davantage de sièges à la Chambre basse, d’après des résultats préliminaires.

Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, devrait conserver son poste de premier ministre, car il s’est assuré le soutien des 250 Sénateurs nommés par les militaires.

Mais s’il veut disposer de la majorité à la Chambre des représentants, il doit se trouver des alliés.

Et le parti Bhumjaithai (Fierté Thaïe), qui a fait campagne pour la libéralisation du cannabis, peut faire à lui seul basculer la tendance.

Fondé en 2008 par le fils d’un magnat de la construction, il a remporté d’ores et déjà 39 sièges de députés.

Les résultats définitifs seront annoncés d’ici le 9 mai.

«Nous irons avec le parti qui acceptera nos politiques», a déclaré mercredi le chef du mouvement, Anutin Charnvirakul dans un entretien à l’AFP.

«Je veux que tout le monde se rassemble et cherche la meilleure solution pour le pays», a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu’il ferait alliance avec celui qui défendrait le plus la cohésion de la nation et la monarchie.

Depuis sa prise de pouvoir en 2014, Prayut Chan-O-Cha se présente en protecteur de la famille royale et de l’unité du pays, qui a connu deux coups d’État depuis 2006.

La Thaïlande a approuvé en décembre l’utilisation du cannabis à des fins médicales, une première en Asie du Sud-Est.

Le Bhumjaithai souhaite aller plus loin en permettant aux ménages de cultiver quelques plants chez eux.

Agence France Presse - 3 avril 2019