L'écrivain, âgé de 65 ans et qui a besoin d'un traitement médical depuis un accident vasculaire cérébral, a été expulsé de Nuremberg la semaine dernière. Il a été placé de force dans un avion avec son épouse, alors qu'ils avaient formulé une demande d'asile au Canada.

Cette expulsion de l'écrivain par les services d'immigrations de la ville a été décidée en dépit du fait que le Vietnam le considère comme un « ennemi de l'Etat ». Il avait d'ailleurs purgé à partir de 1979 la majeure partie d'une peine de 20 ans de prison pour « propagande contre l'Etat socialiste ».

Il avait finalement pu émigrer en Allemagne en 2015 grâce aux talents de pianiste de sa fille, aujourd'hui âgée de 19 ans et qui n'a échappé à l'expulsion que parce que ses papiers vietnamiens n'étaient plus en règle.

Après cette expulsion, Ralf Nestmeyer, vice-président allemand de l'association d'écrivains internationale le PEN club se dit « consterné ». « Il a été renvoyé au Vietnam il y a quelques jours. Personne ne s'est soucié de lui et du fait qu'il y a été emprisonné pendant vingt ans. Je pense donc que son expulsion est scandaleuse. Normalement, on ne renvoie pas quelqu'un qui a purgé une peine pareille dans son pays. Je suis consterné et j'appelle l'office fédéral allemand pour l'immigration à réviser sa décision afin qu'il puisse revenir en Allemagne. »

Ralf Nestmeyer, qui a adressé une lettre au ministre bavarois de l'Intérieur et au ministère de l'Immigration, s’inquiète par ailleurs de la situation de la fille de l’écrivain. « Sa fille est toujours ici à Hambourg. Nous espérons qu'elle puisse y rester longtemps et surtout qu'elle puisse y retrouver son père et sa mère. Il s'agit d'un écrivain vietnamien et moi je suis vice-président du PEN Club en Allemagne. Et c'est mon devoir de dire qu'on ne peut pas renvoyer quelqu'un dans un pays qui est connu pour sa répression et sa censure. »

L'écrivain, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, a été entendu par la police dès son arrivée au Vietnam, avant d'être remis en liberté, a déclaré son avocat, Manfred Hoerner, au quotidien Süddeutsche Zeitung.

Radio France Internationale - 5 avril 2019