Or, elles fournissent près de la moitié de l’électricité, dans un pays où la demande énergétique a encore augmenté de 16% en 2018. Les Cambodgiens doivent donc aujourd’hui s’accommoder de coupures de courant quasi quotidiennes.

Voilà un mois que les commerces de Phnom Penh sont paralysés à chaque coupure de courant. Pendant plusieurs heures, des restaurants se retrouvent sans frigo, des bureaux sans ordinateurs, des marchés sans ventilateurs... Monh est coiffeur et ça complique son activité : « Tout le monde a chaud, tout le monde se plaint. Quand il y a une coupure de courant c’est très calme. Pas de sèche-cheveux, pas de lisseur : je peux juste couper les cheveux. Je joue sur mon téléphone. On ne peut rien faire. »

Difficile d’estimer quel sera l’impact pour l’économie cambodgienne. Sur le chantier d’un petit immeuble voisin, dirigé par un Français. On a pris du retard : « Je pense que ça va nous plomber d’au moins un bon mois. Oui, on achète des générateurs et donc on va pas travailler dans le bon sens pour les gaz à effet de serre… »

« De l'électricité venue de Thaïlande et du Laos »

Des générateurs sont même mis en jeu dans certaines lieux. La situation devrait néanmoins commencer à s’améliorer d’ici quelques jours, selon Keo Ratannak, directeur d’Electricité du Cambodge : « Nous allons recevoir de l’électricité venue de Thaïlande et du Laos. Mais aussi grâce un parc solaire de 20 mégawatts qui va être raccordé. Nous allons pousser les hôtels et les grands bâtiments qui ont des générateurs à les utiliser davantage afin de soulager les petits consommateurs. »

Malgré ces mesures, c’est avec la saison des pluies que l’électricité reviendra à la normale. Pour répondre aux contraintes d’un développement économique rapide, le Cambodge doit encore renforcer et diversifier sa capacité de production énergétique.

Par Juliette Buchez - Radio France Internationale - 6 avril 2019