Arrêtés en décembre 2017, Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, enquêtaient sur un massacre de musulmans Rohingyas. Ils ont été reconnus coupables d'avoir enfreint une loi datant de l'époque coloniale sur les secrets d'Etat et condamnés, mi-janvier en appel, à sept ans de détention.

Ils sont accusés de s'être procurés des documents classifiés relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l'Etat Rakhine, région du nord-ouest de la Birmanie, théâtre des exactions à l'encontre de la minorité musulmane rohingya.

Leur condamnation a eu un fort retentissement et attisé les tensions déjà vives entre la communauté internationale et la Birmanie, accusée d'entraver la liberté de la presse.

"Wa Lone et Kyaw Soe Oo symbolisent la renaissance de leur pays après des décennies d'isolement", a déclaré Wojciech Tochman, le président du jury, cité dans le communiqué de l'Unesco.

"Ils ont été arrêtés parce qu'ils ont couvert un sujet tabou: les crimes commis contre les Rohingyas", a-t-il ajouté.

Le Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano, du nom d'un journaliste colombien assassiné en 1986 à Bogota devant les locaux de son journal, El Espectador, sera décerné par l'organisation le 2 mai à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée cette année en Ethiopie.

Doté d'un montant de 25.000 dollars, le Prix est financé par la Fondation Guillermo Cano Isaza (Colombie), la Fondation Helsingin Sanomat (Finlande) et The Namibia Media Trust, rappelle l'Unesco.

Agence France Presse - 10 avril 2019