Lors de l'enquête qui l'a conduite à réintroduire ces taxes, « la Commission n'a manifestement pas recueilli tous les éléments de preuve requis. De larges généralisations ont été faites », écrivent dans un communiqué les deux plaignants, qui saisissent le tribunal de l'UE. Cette enquête « ne prouve pas que les difficultés rencontrées par l'industrie de l'Union sont une conséquence directe du volume et des prix des importations en provenance du Cambodge », poursuivent-ils. Selon eux, ces droits de douane sont « préjudiciables à l'économie cambodgienne et à son industrie, mais surtout à sa population ».

Contactée par l'AFP, la Commission européenne n'a pas fait de commentaire. L'exécutif européen a décidé mi-janvier de réintroduire des droits sur les importations de riz indica, variété la plus répandue au monde, en provenance du Cambodge, mais aussi de Birmanie. Les taxes douanières s'appliquent pour trois ans, à raison de 175 euros par tonne importée la première année, 150 euros la seconde et 125 euros les années suivantes. Au Cambodge, près de la moitié des 625 000 tonnes de riz produites dans le royaume ont été exportées vers les marchés de l'UE en 2018.

L'Italie, estimant ses propres agriculteurs lésés, avait demandé des mesures de protection, une requête soutenue par tous les autres producteurs de riz dans l'UE : l'Espagne, la France, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. Bien qu'il n'y ait aucun lien, la décision de l'Union européenne intervient alors que Bruxelles menace de retirer les deux pays, très critiqués dans le domaine des droits humains, de son programme « Tout sauf les armes » (TSA) qui autorise plusieurs dizaines de pays en voie de développement à exporter leurs produits, armes exceptées, vers les États membres de l'UE sans payer de droits de douane.

Agence France Presse - 11 avril 2019