Un riche Américain, qui a fait construire en mer une maison flottante au large des côtes thaïlandaises, pourrait risquer la peine de mort, les autorités ayant engagé des poursuites contre lui pour violation de la souveraineté du pays.

Chad Elwartowski et sa compagne thaïlandaise Supranee Thepdet sont poursuivis pour menaces contre l’indépendance du royaume par la marine thaïlandaise, qui affirme avoir découvert leur habitation à 12 milles marins de la côte, soit à l’intérieur de ses eaux territoriales.

L’accusé explique que sa maison flottante se situait à 13 milles marins du littoral thaïlandais, donc en dehors des eaux territoriales.

Sur sa page Facebook, la marine thaïlandaise a affirmé que le couple «n’avait soumis aucune demande d’autorisation à la Thaïlande» avant de construire leur maison. Et lancer un appel aux investisseurs comme ils l’ont fait montre qu'ils «se moquent de la Thaïlande en tant qu’Etat souverain».

«Les équipes de la marine... ont trouvé une plateforme en béton inoccupée et flottant sur l’eau. Des poursuites au titre de l’article 119 du code pénal ont donc été engagées», a déclaré mercredi le colonel de police de Phuket, Nikorn Somsuk.

Une rencontre entre la marine et les autorités régionales va avoir lieu pour «décider de la suite», a précisé le policier.

De son côté, Chad Elwartowski, un ancien informaticien de l’armée américaine ayant servi en Afghanistan, en Allemagne et en Corée avant de faire fortune dans la crypto-monnaie, dit poursuivre simplement une quête de «liberté».

"J'aime l'idée de pouvoir faire valoir son opinion avec sa maison. Si on n'aime pas la façon dont notre communauté est gouvernée, il suffit d’en créer une nouvelle", a-t-il déclaré. Si les poursuites contre lui sont confirmées, la peine maximale qu’il encourt, ainsi que sa petite amie, est la peine de mort.

Le couple est actif au sein de Ocean Builders, un groupe d’entrepreneurs dont le but est d’installer des habitations permanentes sur les océans, une manière de s’affranchir des contraintes des lois nationales.

Le couple avait récemment lancé un appel auprès de 20 investisseurs, les invitant à venir construire leur propre maison autour de leur plateforme isolée et «située juste en dehors des eaux territoriales thaïlandaises», selon M. Elwartowski.

Ce projet, baptisé «ISeaO» (Initial Seastead Offering), aurait dû être lancé le 15 avril mais il est désormais reporté.

Le couple a déclaré qu’il se cachait maintenant «en lieu sûr». «Nous n’avons rien fait sur notre «île flottante» qui soit contraire à la loi à terre mais ce sentiment de liberté est simplement incroyable.»

Ocean Builders ne «fait pas de politique», a affirmé M. Elwartowski, même si certains partisans du projet croient à la création d’un espace «qui vient concurrencer les États en haute mer».

Mais ce sont les acheteurs «qui décident de ce qu’ils veulent faire de leur maison en mer».

Un communiqué publié lundi sur le site Internet d'Ocean Builders a indiqué que Elwartowski et Supranee n'étaient pas responsables de la construction de la maison en mer.

Lepetitjournal.com avec Agence France Presse - 18 avril 2019