Interdite sous la junte militaire pendant plus de vingt ans, cette tradition qui remonte au XIXe siècle se trouve aujourd’hui de nouveau menacée. Un nouveau coup porté à la liberté d’expression dans le pays.

« Il est l’heure de dire au revoir ». Voilà le message adressé en chanson aux militaires par des comédiens, critiquant le rôle de l’armée dans la politique birmane. Des chants satiriques, déclamés lors de spectacles traditionnels qui dénoncent la situation du pays et racontent les difficultés de la population.

Un chant qui n’a pas plu aux militaires, qui ont porté plainte à deux reprises, d’abord contre la diffusion d’une vidéo en direct de la performance puis pour troubles à l’ordre public. Les interprètes risquent jusqu’à deux ans de prison.

Selon l’organisation Human Rights Watch, ces poursuites en justice sont un nouveau signe du refus de la critique de la part des autorités birmanes, même quand elle prend la forme d’une satire. Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a d’ailleurs mis en place un comité de la censure pour contrôler le contenu en amont des spectacles sur scène.

Avec l’arrivée au pouvoir de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, en 2016, de nombreuses lois continuent à être utilisées pour restreindre la liberté d’expression dans le pays. D’après l’organisation locale Athan, plus de 180 journalistes et militants des droits de l’homme ont été poursuivis en justice sous le gouvernement actuel.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 22 avril 2019