L’humidité rend cela difficile à supporter, particulièrement pour les enfants et les personnes âgées. Pendant cette canicule, des milliers d’enfants, environ 5’500 par jour, sont hospitalisés à Ho Chi Minh Ville pour des problèmes digestifs et respiratoires. Habituellement, avril est un mois modéré et les thermomètres montent en été. La fournaise pourrait-elle encore augmenter ?

La chaleur et la sécheresse ont fait diminuer le niveau des rivières, et l’eau salée de la mer remonte les estuaires sur 40 km, menaçant les rizières du delta du Mékong.

Lors du dernier El Nino, en 2015-2016, les cours d’eau ont baissé ce qui a provoqué des infiltrations d’eau salée. La production de riz du Vietnam, 3ième producteur mondial, a alors chuté d’environ 16%.

Aujourd’hui, la surface des océans est de 0,2°C plus chaude qu’en 2016. Elle n’a jamais atteint ces températures, à chaque El Nino elles sont plus hautes qu’au précédent. Les conséquences pourraient être plus importantes qu’en 2016. La récolte de riz de cette année pourrait être réduite. Sur toute la Terre, cette année pourrait apporter des événements très graves.

Le niveau de la mer monte inexorablement, et les infiltrations d’eau salée augmenteront à mesure que les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent. Un jour ou l’autre, la mer envahira le delta du Mékong et l’Humanité le perdra.

On peut aussi imaginer que lors du prochain El Nino, des dizaines de milliers de personnes seront hospitalisées par jour, et la récolte de riz sera anéantie. Puis nous rayerons le Vietnam et plusieurs autres pays des cartes et des rapports… Ils mourront par notre faute et nous le savons aujourd’hui. Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement.

Par Dorota Retelska - Le Temps (.ch) - 28 avril 2019