Les fabricants chinois sont donc incités à déplacer leur production vers des pays qui ne sont pas assujettis à ces droits de douane.

Et l'un de ces pays bénéficiaires a été le Vietnam, voisin du sud de la Chine, de plus en plus favorable aux affaires.

Alors que pouvons-nous dire au sujet du changement de l'investissement chinois au Vietnam ?

La première chose à noter est que les entreprises étrangères, y compris celles de Chine, ont longtemps profité de la main-d'œuvre moins chère et de l'environnement commercial attrayant du Vietnam, bien avant l'imposition de la première série de sanctions américaines en septembre dernier.

"Le Vietnam a déjà gagné du terrain car les salaires ont augmenté en Chine ", déclare Mary Lovely à l'Institut Peterson pour l'Economie internationale, un groupe de réflexion basé aux États-Unis.

Mais il semble également que les investissements se soient accélérés depuis l'imposition de sanctions américaines contre la Chine l'année dernière.

Au cours des quatre premiers mois de cette année, les investissements chinois au Vietnam ont déjà atteint environ 65% du total pour 2018.

Il y a donc certainement eu une augmentation des investissements chinois, mais quelle est la part des droits de douane dans tout cela ?

L'économie du Vietnam a connu une croissance rapide au cours de la dernière décennie.

Son industrie manufacturière s'est particulièrement bien comportée, avec des multinationales comme IKEA, par exemple, qui y ont renforcé leurs activités.

Et bien que la croissance de l'industrie soit une tendance à long terme, les experts disent qu'il y a de plus en plus de preuves qu'un régime tarifaire américain plus strict sur les produits chinois stimule les investissements au Vietnam.

"De nombreuses entreprises investissaient dans la production à l'extérieur de la Chine, en particulier en Asie du Sud-Est, avant le conflit commercial actuel ", selon le cabinet d'avocats Baker & McKenzie, basé à Hong Kong, mais " les récents conflits commerciaux ont simplement accéléré cette évolution ".

Il y a cependant des signes clairs que les pressions de la croissance rapide au Vietnam font sentir leurs effets.

Selon l'Organisation internationale du travail, un peu plus de 14,5 millions de personnes travaillaient dans l'industrie au Vietnam en 2018.

Ce chiffre se compare à plus de 200 millions en Chine.

Les coûts de la main-d'œuvre au Vietnam augmentent et le pays a moins de nouvelle main-d'œuvre disponible que son géant voisin .

La capacité du Vietnam à continuer d'absorber les investissements étrangers sera également limitée par l'augmentation des coûts des terrains et des usines.

Selon JLL Vietnam, une société spécialisée dans l'immobilier, les loyers industriels ont augmenté de 11% au second semestre 2018 dans le sud du Vietnam. Cela a été attribué au déplacement des producteurs chinois, en partie à cause des tarifs douaniers.

Sanctions contre le Vietnam ?

Pour les entreprises qui transfèrent tout ou une partie de leur chaîne d'approvisionnement de la Chine au Vietnam afin d'éviter les sanctions américaines, il existe un risque que les États-Unis prennent également des mesures contre le Vietnam.

Certaines multinationales adoptent une approche "Chine plus un" - des entreprises qui gardent un pied en Chine tout en opérant dans une économie à bas salaires ailleurs en Asie.

L'administration américaine est consciente du passage à des activités de production en dehors de la Chine comme moyen d'éviter les sanctions.

Le Président Trump a récemment envoyé un tweet : "De nombreuses sociétés bénéficiant de tarifs douaniers quitteront la Chine pour le Vietnam et d'autres pays d'Asie. C'est pour ça que la Chine veut tellement conclure un accord !"

Dans l'escalade de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, l'étiquette " Made in Vietnam " ne suffira peut-être pas à l'avenir pour éviter les droits de douane américains.

BBC News - 21 mai 2019