L'an dernier, il ne s'est écoulé en Birmanie que… 20.000 voitures neuves, soit l'équivalent de trois jours de ventes en France. Pourtant, plusieurs grands constructeurs se précipitent pour ouvrir des sites d'assemblage dans le pays qui compte 54 millions d'habitants et affiche une croissance annuelle de plus de 6 %.

Selon les médias japonais, Toyota devrait ainsi annoncer dès cette semaine qu'il va lancer la construction d'une nouvelle usine près de Yangon. Le constructeur prévoirait d'assembler dans la zone économique spéciale de Thilawa des modèles de pick-up en « complete knock-down » (CKD).

Ne pouvant produire tous les composants sur place, il exportera vers le pays, depuis d'autres usines japonaises ou thaïlandaises, des lots contenant l'ensemble des pièces détachées nécessaires à la fabrication de ses voitures. Cette forme de production est utilisée par les constructeurs qui veulent bénéficier des avantages légaux et tarifaires offerts aux productions locales.

Perspectives dynamiques à terme

Avant Toyota, le groupe coréen Hyundai avait inauguré en février dernier un nouveau site d'assemblage similaire en Birmanie. Depuis 2017, Nissan fait, lui, assembler des modèles « New Sunny » sur place avec son partenaire local Tan Chong Motors. Ford a, lui aussi, investi dans une usine similaire.

Pour l'instant, les grandes marques s'appuyaient sur leurs exportations, notamment depuis la Thaïlande voisine, pour alimenter leurs concessionnaires. Mais le gouvernement birman a multiplié les initiatives pour « encourager » l'industrie locale et décourager les arrivées de modèles construits hors du pays. A Yangon, les importateurs de voitures ne peuvent, par exemple, plus obtenir de plaque d'immatriculation de la ville, théoriquement nécessaire pour obtenir une place de parking.

Malgré ces contraintes, les constructeurs estiment que le marché birman s'imposera, dans quelques années, comme l'un des plus dynamiques de la région. Les analystes estiment que le taux de pénétration de l'automobile décolle dans les pays émergents lorsque le PIB par habitant approche les 2.000 ou 3.000 dollars par an. Il n'est, pour l'instant, que de 1.300 dollars par an, en moyenne, en Birmanie. Mais il dépasse déjà, selon les projections de PWC, les 2.200 dollars dans la capitale économique du pays, où les grandes marques mondiales ont ouvert des concessionnaires.

Par Yann Rousseau - Les échos - 27 mai 2019