Une coupure à la demande du gouvernement birman pour des endroits situés dans l’État Chin et dans l’État de Rakhine, anciennement Etat d'Arakan. Depuis le mois de janvier, les combats s’y sont intensifiés entre l’armée et la guérilla de l’Arakan Army.

L’ordre de couper internet dans certaines zones de conflit vient du ministère birman du Transport et des Communications. Selon l’opérateur téléphonique Telenor, possédé en partie par l’État norvégien, le ministère a expliqué que des usagers s’en serviraient pour « coordonner des activités illégales » et « porter atteinte à la paix » dans la région, située dans l’ouest du pays. Aucune précision sur la durée de la coupure du réseau n’a été apportée.

Une décision des autorités birmanes jugée inquiétante par Amnesty International. L’organisation rappelle la nécessité pour les civils, les militants des droits de l’homme de pouvoir partager des informations sur la situation dans le nord de l’État de l’Arakan. Une région en proie aux combats entre l’armée et les rebelles de l’Arakan Army, une guérilla qui demande plus d’autonomie pour l’ethnie arakanaise bouddhiste.

Amnesty y a récemment dénoncé dans un rapport des « crimes de guerre et des violations de droits de l’homme » commis par les militaires birmans. La coupure d’internet intervient alors l’accès à cette région est déjà fermé aux journalistes et aux observateurs indépendants. L’accès humanitaire est lui extrêmement restreint, plus de 30 000 personnes ont été déplacées à cause des combats, qui ont fait des dizaines de victimes parmi les civils.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 22 juin 2019