C’est probablement la conclusion principale du rapport Next Generation Myanmar 2019 publié récemment par le British Council. L’étude repose sur un sondage auquel environ 2 500 individus de 18 à 30 ans ont répondu entre août et octobre 2018, auquel se sont ajoutés 5 ateliers spécialisés, avec des groupes de discussion et des entretiens individuel en face a face. Six sujets clefs ont été explorés auprès de ces jeunes : les transformations de leur vie, leurs valeurs et leurs identités, leur engagement social, leurs manière d’appréhender les institutions, la Birmanie en transition et la place de la Birmanie dans le monde.

Les principaux sujets de préoccupation de ces jeunes sont les drogues, le chômage et le système éducatif, dont ils estiment qu’il ne les prépare pas aux importants changements qu’ils vont devoir affronter. Sans grande surprise, la première de leurs valeurs est “la famille”, avec un écrasant 98,4%, même si nombre de jeunes femmes disent regretter la manière dont leurs parents régit leur vie. “Je fais ce que mes parents me disent, même si je n’aime pas cela”, déclare ainsi une répondante de 20 ans. Et l’étude relève clairement qu’au nom de leur affection et de leur volonté de protection, les parents limitent souvent la vie sociale comme les chances de changement d’existence de leurs filles... et que souvent celles-ci en sont conscientes et apprécient peu.

Un point sur lequel l’opposition générationnelle se cristallise : l’intérêt pour la politique. Environ 60% des interviewés disent se préoccuper de politique, quand bien même leurs aînés leur disent “qu’ils sont trop jeunes pour cela” ou encore pour les jeunes filles que “ce n’est pas un domaine pour les femmes”. Un militant de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) regrette ainsi que son parti “limite fortement la participation des jeunes aux débats. Les postes clefs sont occupés par des personnes âgées qui considèrent que les jeunes ne peuvent pas participer efficacement faute d’expérience”. Pas étonnant alors qu’à peine une moitié des répondants se disent satisfaits de l’action de leur parlement. Quant à leurs relations avec le monde extérieur, 65% répondent “voir d’un bon œil la venue d’étrangers en Birmanie”. L’un des panélistes insiste sur “ses bénéfices d’avoir travaillé avec des étrangers qui lui ont appris beaucoup et lui ont ouverts les yeux sur des choses qu’il ne voyait pas”. Enfin, les jeunes s’inquiètent de ce qu’ils perçoivent comme “la mauvaise image de leur pays à l’étranger” et de ses conséquences sur le tourisme notamment. Selon le dernier recensement en Birmanie (2014), 27% de la population a entre 15 et 30 ans, et 56% a moins de 30 ans.

Lepetitjournal.com - 24 juin 2019