Si ses résultats ne sont publiés que mi-2019, cette étude a en fait été conduite entre décembre 2016 et décembre 2017 sur un échantillon de 13 730 foyers. En théorie, ce travail devrait être mené tous les 5 ans afin d’obtenir une image du pays et collecter des données utiles au gouvernement pour décider des orientations sociales et économiques à donner au pays, a expliqué U San Myint, directeur général de l’Office central des statistiques, l’organisme d’état qui a réalisé l’étude avec l’aide de la Banque mondiale et du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud). En pratique, il a manifestement fallu beaucoup de temps pour traiter les dites données – et peut être pour en accepter le contenu – et l’étude de base servant pour les comparaisons date de… 2005 !

Toutes ces limites prises en compte, l’étude fournit des indications intéressantes. Par exemple, le pourcentage de Birmans vivant en-dessous du seuil de pauvreté est basse de 48,2% en 2005 à 24,8% en 2017, une réduction de moitié sur 15 ans qui correspond à la tendance mondiale mais ne fait pas mieux. Deuxième indication qui fait sens, la répartition de la pauvreté dans le pays : 58% des habitants de l’état de Chin, de loin le moins développé du pays, sont pauvres, et 41,6% de ceux de l’état d’Arakan le sont de même. A l’oppose, dans les régions de Yangon, Mandalay et Thanintharyi, se sont 13% des habitants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. L’étude mesure aussi 30,2% de pauvreté dans les zones rurales (70% de la population de Birmanie) contre 11,3% dans les zones urbaines.

Le calcul du seuil de pauvreté relatif dans des pays peu développés comme la Birmanie est toujours difficile car il repose sur des données souvent peu fiables ou sujettes à caution et c’est l’estimation qui fait sens. Ici, ce seuil a été calculé à 1590 kyats par jour, soit environ 0,95 euros, sachant que selon l’Observatoire des inégalités, le seuil de pauvreté absolu s’élève à 1,7 euros, ce seuil étant défini comme le montant minimum pour vivre dignement. Les données de l’étude du ministère du Plan et des Finances mesurent donc une pauvreté a minima, la réalité étant certainement nettement pire que celle annoncée.

Lepetitjournal.com - 2 juillet 2019