La manifestation sera ponctuée par des rencontres professionnelles organisées par l’école des médias de Pour un sourire d’enfant et l’école nationale supérieure de cinéma Louis Lumière.

Créées à l’initiative d’Albert Oriol, directeur de l’école des médias de Pour un sourire d’enfant (PSE), les premières Journées du film français de Phnom Penh proposent une programmation, aux couleurs de son invitée d’honneur, Claire Denis. Le temps d’une semaine, la réalisatrice, figure incontournable du cinéma indépendant français, présentera trois de ses treize longs métrages, lors de soirées grand public ces mercredi, jeudi et vendredi. La programmation propose notamment de revenir sur son premier film, Chocolat réalisé en 1988, ainsi que White Material, évocations semi-autobiographiques de son enfance au Cameroun après l’indépendance.

La manifestation a l’ambition d’offrir un second temps d’approfondissement aux cinéphiles cambodgiens et expatriés de Phnom Penh, par la tenue de rencontres professionnelles sur le format des masterclasses. La journée du vendredi 12 juillet propose de revenir avec Claire Denis sur sa filmographie et ses thèmes de travail, pour appréhender une oeuvre sensible et sans complaisance. La journée du samedi 13 juillet mettra à l’honneur la jeune création cambodgienne avec la projection de quatre court-métrages du collectif Anti-Archive, en présence des réalisateurs. Ce sera au tour des productions des étudiants de la prestigieuse école Louis Lumière à Paris, présentés par son directeur Vincent Lowy samedi après-midi. Les masterclasses se tiendront en anglais afin de pouvoir toucher un public le plus large possible, à commencer par les spectateurs cambodgiens.

Les premières Journées du film français expérimentent un format à la fois grand public et exigeant, porté par des partenaires locaux

A Phnom Penh, cette première édition est emmenée par l’équipe de l’école des médias de l’ONG Pour un sourire d’enfants, avec le soutien du distributeur Westec Media et de l’exploitant des salles Legend Cinema, qui se disent intéressés à davantage ouvrir leur offre du côté du cinéma d’auteur.

Nicolas Sacré, le nouveau manager de l’école des médias, explique que l’idée a vu le jour l’année dernière, fruit de discussions engagées par son directeur, Albert Oriol, et des professionnels du cinéma, lors de la cérémonie d’ouverture de la 20e édition des Rendez-vous du cinéma tenue au ministère de la culture à Paris. L’engagement de Claire Denis et de l’actrice Juliette Binoche, à l’affiche de son film Un beau Soleil intérieur vendu à plus de 42 pays (il sera projeté vendredi soir) avait notamment été récompensé par Unifrance, l’organisme chargé de promouvoir le rayonnement du cinéma français au niveau international. Le projet cambodgien avait alors été accueilli avec enthousiasme par la réalisatrice, qui a rapidement accepté d’apporter son soutien en qualité d’invitée d’honneur.

Offrir aux étudiants cambodgiens une formation compétitive dans le domaine du son et de l’image

L’événement se présente comme l’un des volets du programme des activités solidaires mises en place par l’ONG Pour un sourire d’enfant, créée en 1995 par Christian et Marie-France des Pallières. Le couple de retraités, saisi par les conditions de vie des enfants vivants autour de la décharge d’ordures de Phnom Penh lors d’une mission humanitaire au Cambodge, s’est attelé à construire un système d’enseignement primaire et secondaire, raconté dans le documentaire Les Pépites. S’adressant aujourd’hui à plus de 6000 enfants, l’enjeu a progressivement consisté à mettre en place des formations professionnelles dignes et correctement rémunérées dans différents domaines, allant de l’hôtellerie à la mécanique. « Papi, décédé en 2016, était fan invétéré de cinéma, raconte Nicolas Sacré. Il a décidé d’ouvrir une école de média en 2012 et de fournir aux étudiants une formation technique de trois ans en image ou en son pour la télévision, le documentaire, les films d’entreprise, la publicité, etc. » Initiée avec de petits effectifs, la dernière promotion compte une vingtaine d’élèves, encadrés par des professeurs cambodgiens et étrangers, pour la plupart en provenance de Louis Lumière.

« L’objectif est de répondre à une forte demande dans le domaine audiovisuel : nous sommes à un tournant au Cambodge, beaucoup de multinationales ont compris l’intérêt d’investir localement dans des studios d’animation et de sons », explique Nicolas Sacré. Nouvellement arrivé au Cambodge, il tient à partager pour les années à venir son expérience en Belgique comme responsable de postproduction et transmettre « un métier de passion où on ne compte pas ses heures, afin de fournir la meilleure réponse aux nouveaux besoins du marché ».

Les Journées du Film Français de Phnom Penh se tiennent du 9 au 13 juillet à Phnom Penh, au Cinéma Legend Premier, Exchange Square.

L’ensemble des projections sont gratuites.

Les films sont sous-titrés en anglais, et les présentations traduites en français et en anglais.

Par Marylou Cler - Lepetitjournal.com - 9 juillet 2019