A la fin de l’exercice 2017, le groupe Rouyer a pris la décision de désengager progressivement du marché Vietnamien, sur lequel il était présent depuis 2010 comme importateur de la marque Renault (Auto Motors Vietnam). Comme un prélude à ce retrait programmé, et pour immortaliser cette aventure, l’opérateur a édité l’an passé un ouvrage, au titre évocateur : « Le retour de Renault au Vietnam : une histoire improbable ».

Il y retrace les grandes étapes de cette incursion inédite et du redéploiement de Renault, sur un marché où la marque n’était plus commercialisée depuis 1958. Dans l’éditorial de l’ouvrage, le mot « combat » revient avec insistance, tant vis-à-vis du constructeur, des concurrents que des autorités locales. Un combat devenu certainement trop compliqué et coûteux. Depuis le 30 septembre 2018, Renault n’est officiellement plus distribuée par le groupe Rouyer. La marque au losange devrait continuer d’être distribuée au Vietnam via un groupe singapourien.

« On retiendra que le groupe Rouyer a réintroduit Renault au Vietnam. Il s’agissait de la première marque française à reprendre position dans le pays puisque Peugeot n’est revenue que cinq ans plus tard, raconte Lionel Rouyer. Nous avons construit une société à 100% en partant de zéro, en implantant, en développant et en organisant un réseau, via cinq distributeurs dans le pays. Environ 90% de nos collaborateurs étaient Vietnamiens. Ce fût une expérience fantastique, extraordinaire, avec des bons mais aussi des mauvais côtés ». Dans son ouvrage, le groupe parle notamment du « combat permanent pour faire toucher du doigt au constructeur la réalité et les caractéristiques de la distribution automobile dans le pays » ou encore de la difficulté « pour défendre ses intérêts face à une administration Vietnamienne exigeante ».

« Nous avons décidé d’arrêter parce que c’est chronophage de gérer des activités situées à 13 000 kilomètres de chez nous. Le Vietnam, de même que le Cambodge ou le Laos ne sont pas des pays simples à travailler, rapporte Lionel Rouyer. Pour mener un tel développement, il faut beaucoup de persévérance, de travail et engager des capitaux importants. La création d’une usine d’assemblage dans le pays, qui aurait évité de payer un maximum de taxes et de charges, aurait pu constituer une solution pour poursuivre cette aventure avec Renault ».

Le groupe, qui commercialisait 300 voitures neuves par an en moyenne, quitte donc un marché assez dynamique – « le PIB augmente de 8 à12 % tous les ans et le taux d’équipement de 15% » - où il se vend environ 300 000 voitures par an. Les marques asiatiques y sont dominantes, en particulier Nissan, Toyota et Hyundai, suivies par les premiums Mercedes-Benz, Audi et BMW. La position de Renault, qui commercialise les Koleos, Talisman, Megane, Duster, Sandero et Logan, y est encore très confidentielle.

En 2018, le groupe Rouyer a réalisé un chiffre d’affaires de 974 millions d’euros et commercialisé 27 435 VN et 24 875 VO en France. Il se positionne à la 8e place de notre classement 2019 des principaux groupes de distribution.

Pro.largus.fr - 12 juillet 2019