«Cela porte atteinte à la dignité des militaires», a réagi Zaw Min Tun, le porte-parole de l'armée, interrogé par l'AFP au lendemain de l'annonce par les Etats-Unis de sanctions à l'encontre du chef de l'armée et de trois autres responsables militaires. «Les actions de l'armée devraient être respectées... Les militaires ont fait leur devoir de protéger les minorités ethniques de la région», a-t-il ajouté.

Plus de 740.000 Rohingyas ont fui au Bangladesh en 2017 face aux violences de l'armée birmane, qualifiées de «génocide» par les enquêteurs de l'ONU. L'armée assure de son côté n'avoir fait que se défendre contre des attaques meurtrières d'une rébellion dénonçant les conditions de vie de la minorité Rohingyas en Birmanie, malgré les images satellite montrant l'incendie de villages Rohingyas et les nombreux témoignages, dans les camps de réfugiés, de viols et exécutions extrajudiciaires.

«Nous avons enquêté et agi», assure le porte-parole de l'armée. Seuls sept soldats birmans ont été condamnés, en 2018, à 10 ans de prison pour un massacre de musulmans rohingyas. Et ils ont récemment bénéficié d'une libération anticipée. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, ancienne opposante politique ayant passé près de 15 ans en résidence surveillée sous la junte, a essuyé quant à elle de vives critiques à l'étranger pour son silence face au sort des Rohingyas.

Le Figaro avec Agence Franc Presse - 17 juillet 2019