Les autorités birmanes ont coupé depuis le 21 juin l'accès aux services mobiles dans huit municipalités de l'Etat de Rakhine (ouest) et une de l'Etat de Chin voisin, où les combats se multiplient ces derniers mois entre les militaires birmans et les rebelles de l'Armée d'Arakan (AA) qui luttent pour obtenir plus d'autonomie pour la population bouddhiste.

Pour justifier sa demande, les autorités avaient invoqué "des troubles à l'ordre public et la coordination d'activités illégales".

Les groupes de défenseurs des droits humains accusent au contraire la coupure de couvrir les exactions des troupes. L'ONU a également fait part récemment de sa crainte que le blackout puisse servir à couvrir de "graves violations des droits humains".

Peu d'habitants possèdent un ordinateur et la fermeture des services mobiles prive la plupart d'entre eux de contacts avec le monde extérieur et d'informations sur les inondations dues à la saison des pluies ou sur l'évolution des combats dans la région.

L'armée tente de purger les villages des rebelles et sympathisants de l'AA depuis plusieurs mois, dans des opérations qui font régulièrement des victimes civiles.

L'ONG Fortify Rights a déclaré que la coupure d'internet "d'une ampleur démesurée" était l'une des plus longues du monde et affectait environ un million de civils.

Le directeur général du département des postes et télécommunications birman, Myo Swe, a défendu la coupure au nom de "l'intérêt général". "Nous ne savons pas quand l'accès à internet sera rétabli", a-t-il dit.

Les rebelles de l'AA ont lancé deux fusées sur des navires de la marine ancrés au nord de Rakhine samedi, ne faisant aucune victime.

Ces derniers mois, plus de 30.000 personnes ont fui leurs foyers à cause des combats dans la région.

L'Etat de Rakhine avait déjà été le théâtre de violences en 2017, qui avaient poussé plus de 740.000 musulmans Rohingyas à fuir vers le Bangladesh face aux violences de l'armée, qualifiées de "génocide" par les enquêteurs de l'ONU.

La semaine dernière, Washington a annoncé des sanctions à l'encontre du chef de l'armée Min Aung Hlaing et de trois autres responsables militaires birmans pour le "nettoyage ethnique" des Rohingyas.

Agence France Presse - 22 juillet 2019