C’est le résultat d’un sondage national réalisé par une organisation indépendante, l’Alliance du peuple pour des élections crédibles. Pourtant, la dirigeante birmane est vivement critiquée à l’international, notamment pour sa réponse à la crise des Rohingyas.

D’une région à l’autre, les chiffres donnés par l’Alliance du peuple pour des élections crédibles varient. La large majorité de celles et ceux qui font confiance à Aung San Suu Kyi vivent dans les régions du pays à majorité Bamar, l’ethnie bouddhiste à laquelle appartient la dirigeante, la principale en Birmanie. Mais dans les régions des minorités ethniques où ont lieu des conflits entre les rebelles et l’armée, les chiffres sont différents : seulement 30 % des personnes interrogées font confiance à la Nobel de la Paix 1991.

Mais cette confiance dans les institutions ou les acteurs non étatiques est en baisse par rapport à 2016, date à laquelle le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, est arrivée au pouvoir. En 2016, 80 % des interrogés faisaient confiance aux leaders religieux, contre 48 % aujourd’hui.

L’espoir en chute libre

Selon le sondage, les citoyens birmans ont moins d’espoir qu’auparavant sur la situation de leur pays. Seulement un tiers des personnes interrogées considèrent que la Birmanie va dans la bonne direction, contre 88 % en 2014. Si le contexte politique a changé entre temps, notamment avec l’arrivée de la Ligue Nationale pour la démocratie au pouvoir, le processus de paix reste dans l’impasse en Birmanie. De plus, le bilan économique déçoit une partie de la population et l’administration, la gouvernance et les mauvaises infrastructures terminent de dépeindre le tableau déjà bien noir.

Dans ce sondage, on voit aussi que la moitié des personnes interrogées ne se sentent pas représentées par un parti politique et que pour l’autre moitié, c’est la Ligue nationale pour la démocratie qui arrive en tête, même si là encore, le chiffre est plus faible dans les régions ethniques du pays.

Des élections plus serrées qu’auparavant

Lors des élections partielles en 2017 et 2018, la Ligue nationale pour la démocratie a perdu du terrain. Ces derniers mois, plusieurs partis ethniques ont fusionné pour rassembler leurs voix. Ces élections sont vues comme une compétition à laquelle participeront aussi d’autres figures connues en Birmanie. C’est le cas d’un ancien leader étudiant sous la junte militaire, Ko Ko Gyi, ou d’un ancien général de la dictature, Shwe Mann, devenu ensuite allié d’Aung San Suu Kyi, avant de monter son propre parti politique.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 31 juillet 2019