Le fleuve prend sa source en Chine avant de descendre vers le sud pour baigner la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam, alimentant 60 millions de personnes.

Les écologistes craignent que des barrages soutenus par Pékin ne détruisent les stocks de poissons et permettent à la Chine d’avoir la main sur l’approvisionnement naturel en eau pour les populations vivant en aval.

Mike Pompeo a déclaré mercredi que les projets chinois sur le fleuve, qui impliquent notamment le dynamitage et le dragage du lit du fleuve, représentent des "tendances inquiétantes".

"Nous avons assisté à une frénésie à construire des barrages en amont qui concentre le contrôle sur les flux en aval", a-t-il déclaré à Bangkok lors d’une réunion en marge du sommet des Ministres des Affaires Etrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN).

La réunion marquait une décennie depuis le lancement de l’Initiative pour le Bas Mékong, un programme de développement financé par les États-Unis, et Pompeo a profité de l’occasion pour signaler les inconvénients de l’activité de la Chine sur le fleuve.

Il a accusé le géant asiatique d'avoir mené des patrouilles extraterritoriales sur le fleuve et d'avoir imposé de nouvelles règles qui affaibliraient la Commission du Fleuve Mékong, un groupe intergouvernemental chargé de surveiller la construction le long du fleuve.

La LMI avait été lancée il y a 10 ans par la secrétaire d'État de l'époque, Hillary Clinton, dans le but de promouvoir la coordination et la croissance économique au Cambodge, au Laos, en Birmanie, en Thaïlande et au Vietnam – dont certains entretiennent des liens de plus en plus étroits avec la Chine.

Le Secrétaire d’Etat américain est à Bangkok pour réaffirmer la vision "indo-pacifique" de son pays en faveur d’une région de plus en plus sous l'hégémonie chinoise.

Le Mékong a peu attiré l'attention éclipsé par la guerre commerciale américano-chinoise ou encore les négociations bloquées sur le programme nucléaire nord-coréen.

Néanmoins, la forte sécheresse qui touche la Thaïlande a placé la vision chinoise du Mékong sous un mauvais jour.

Le mois dernier, la Commission du fleuve Mékong a déclaré que les niveaux du fleuve en juin et juillet étaient tombés à "un niveau le plus bas jamais enregistré".

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré mercredi que la Chine avait libéré de l'eau "afin d'aider la Thaïlande".

"Les souffrances de la Thaïlande sont celles de la Chine", a-t-il déclaré.

Les écologistes ont également souligné les dangers pour la sécurité et l'environnement que posent les méga-barrages dans le Laos voisin.

Lepetitjournal.com avec Agence France Presse - 2 août 2019