Les États-Unis leur ont interdit, le 16 juillet dernier, l’entrée sur le territoire américain pour leur rôle dans le « nettoyage ethnique » de la minorité musulmane des Rohingyas.

Sur l’estrade, deux portraits du chef de l’armée font face à la foule. « Les États-Unis, dehors », répètent les manifestants, dans un pays où la minorité musulmane des Rohingyas est très peu soutenue par la population.

Ce jeune étudiant de 19 ans est venu défendre les militaires : « Je ne veux pas que les États-Unis interviennent dans nos affaires politiques et ce qu’ils disent est faux. Les militaires sont un rempart dans notre pays, et c’est impossible de vivre sans eux. »

Dans la foule, on s’oppose aussi à toute modification de la Constitution, en soutien là aussi aux militaires. Un texte datant de 2008 et que la dirigeante Aung San Suu Kyi veut amender pour diminuer le pouvoir de l’armée notamment. Impossible à accepter pour ce manifestant d’une soixantaine d’années : « On a besoin des militaires au Parlement, car on n’est qu’au début de la transition démocratique. Et Aung San Suu Kyi veut changer l’article de la Constitution qui l'empêche de devenir présidente car ses enfants sont étrangers, et cela, je ne peux pas l’accepter. »

Ces derniers mois, les rassemblements de nationalistes en soutien aux militaires se sont multipliés dans le pays, encouragés par le chef de l’armée birmane.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 3 aout 2019