C’est le cas du Mexique, qui a établi un accord sur la migration vers les Etats-Unis pour pouvoir continuer d’exporter vers le pays de l’Oncle Sam sans subir les foudres de Donald Trump. Mais c’est aussi le cas du Vietnam.

Le pays d’Asie du Sud-Est, un des rares bastions qui demeurent communistes (avec la Chine, Cuba, le Laos et la Corée du Nord) s’est tout de même ouvert à l’économie de marché et attire, grâce à sa main d’œuvre encore moins chère qu’en Chine, les entreprises qui délocalisent de cette dernière afin d’éviter les taxes mises en place par Donald Trump. C’est d’ailleurs visiblement dans les plans d’entreprises connues comme Nintendo ou encore Foxconn, un sous-traitant bien connu d’Apple.

Et le résultat est là. Le déficit commercial entre les Etats-Unis et le Vietnam a atteint 40 milliards de dollars en 2018. Et ça s’accentue cette année. Pour les six premiers mois de 2019, il est même 39% supérieur à celui de la même période en 2018, apprend-on sur Bloomberg. Rien que pour le mois de juin, il atteint… 18 milliards de dollars.

Jeu dangereux ?

Ce qui fait que le Vietnam s’attire petit-à-petit les foudres des Etats-Unis. En mai, le département du Trésor américain a ajouté le Vietnam à sa liste des pays qui pourraient manipuler le cours de leur monnaie. Exactement ce dont Donald Trump accuse ouvertement la Chine en ce moment.

Récemment, Trump avait même dit que le Vietnam était pire que la Chine en termes d’échanges commerciaux et de contournement de certaines règles. Qu'il était même "le pire agresseur" commercial. Le Vietnam a signalé pour sa part vouloir commercer équitablement et librement.

Enfin, en juillet, les Etats-Unis ont même appliqué des taxes à hauteur de 400 % sur de l’acier vietnamien qui aurait été transporté via la Corée du Sud et Taiwan pour éviter certaines taxes.

Bref, la part du gâteau laissée par la Chine pourrait être un cadeau empoisonné pour le Vietnam, qui risque de se retrouver dans la même situation que celle-ci, c’est-à-dire dans la ligne de mire de Donald Trump.

Mais pour le moment, le Vietnam continue de s’engraisser. Au risque de le faire trop rapidement.

Par Antonin Marsac - La Libre.be - 8 août 2019