«La Cour confirme les verdicts prononcés en première instance et en appel», a déclaré le juge devant des accusés au visage impassible et vêtus de tuniques kaki de prisonniers. Les juges ont suivi le réquisitoire très sévère des procureurs à l'encontre des deux accusés, Zaw Lin et Win Zaw Tun, originaires de l'Etat Rakhine, une région pauvre de l'ouest de la Birmanie. Leurs procès avaient été entachés de nombreuses irrégularités.

En 2015, puis en appel en 2017, ils avaient été déclarés coupables du viol et du meurtre de Hannah Witheridge et du meurtre de David Miller, un drame qui avait terni la réputation de destination sûre de la Thaïlande. Les corps des victimes, âgées de 23 et 24 ans, avaient été retrouvés au petit matin nus et ensanglantés sur une plage de Koh Tao, petite île paradisiaque du sud du pays connue pour la plongée. Ils avaient été frappés à mort avec un bâton et un ustensile de jardin.

Au cours de l'instruction, la défense avait contesté la validité des preuves d'ADN, dont les échantillons n'auraient pas été conservés correctement. D'autres éléments clés comme les vêtements de Hannah Witheridge n'ont pas été testés. Elle avait aussi accusé la police d'avoir extorqué des aveux aux deux jeunes accusés pour boucler une affaire qui portait atteinte à l'image du pays, dont l'activité touristique compte pour un cinquième de l'économie. Ils se sont depuis rétracté et clament leur innocence. Le premier procès avait divisé les familles des victimes. Les parents de David Miller avaient estimé que «justice» avait été rendue, tandis que celle de Hannah Witheridge était plus prudente, une sœur qualifiant même l'instruction de «gâchis».

L'affaire est également très suivie en Birmanie, où le procès a été jugé «impartial» par beaucoup. La première condamnation avait été suivie de manifestations devant l'ambassade de Thaïlande à Rangoun, la capitale économique du pays. La décision rendue ce jeudi par la cour suprême valide les confessions des accusés et les analyses d'ADN. «Ils sont sous le choc» a déclaré l'avocat des deux Birmans, Nakhon Chompuchat, après l'énoncé du verdict. «Ils s'inquiètent maintenant du moment où ils seront exécutés. Ils s'y sont préparés mais cela reste très difficile d'en parler» avec eux. «Ils continuent de dire qu'il n'ont absolument rien fait de mal» a-t-il conclu.

Leur espoir maintenant est d'obtenir un pardon royal ou une peine commuée, ce qui est souvent accordé aux condamnés à mort dans le royaume. L'année dernière, le pays a toutefois procédé à sa première exécution depuis 2009.

Le Figaro avec Agence France Presse - 29 août 2019