Si l'homosexualité reste taboue au Vietnam, la communauté LGBT salue un certain nombre de mesures récentes signalant un infléchissement des autorités.

C’est sans doute l’un des plus grands paradoxes de la société vietnamienne. Le pays, dirigé par un régime communiste autoritaire qui n’hésite pas à emprisonner les blogueurs et dissidents politiques est également maintenant l’un des plus progressistes d’Asie en matière de traitement de sa population homosexuelle et transgenre.

Un changement radical d’attitude par rapport à il y a encore 15 ans quand cette orientation sexuelle était encore considérée comme un problème de santé mentale. Depuis, les préjugés ont cédé le pas à une certaine forme de libéralisme et le tabou entourant l'homosexualité s'effrite.

Il est désormais très fréquent de voir à la télévision des présentateurs, des chanteurs et chanteuses gays ou transgenres, ce qui a certainement contribué à faire changer les mentalités dans un pays encore marqué par les valeurs du confucianisme.

Du côté du gouvernement, certains avancent que les autorités veulent se donner une apparence progressiste à l’heure où la rigidité du régime est de plus en plus critiquée, notamment sur les réseaux sociaux.

Au final, la cause LGBT progresse. Désormais les personnes qui ont changé de sexe ont le droit de demander le changement de leurs statuts d'état civil et le Parlement a abrogé la définition du mariage en tant qu'union entre un homme et une femme.

Pour autant, le pays n’est pas encore prêt à légaliser le mariage gay et les discriminations persistent. Selon une étude récente de l’Unesco, 70% des parents d’étudiants à Hanoï ont déclaré qu’ils ne permettraient pas à leur enfant de parler à un autre étudiant si celui-ci était homosexuel.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 22 septembre 2019