Organisé sur l'île touristique du sud de la Thaïlande, l'événement s'inscrit dans une tradition remontant au XIXe siècle, lorsqu'en 1825, une troupe de théâtre chinoise se produisant dans la région était tombée malade après avoir mangé de la viande.

La légende raconte que pour se purifier et implorer les dieux de les guérir, la troupe avait alors adopté un régime végétarien, se trouant également les joues avec diverses tiges dans un rituel taoïste.

Aujourd'hui, les descendants de la communauté chinoise de Phuket célèbrent ce souvenir lors d'un festival des "neuf Dieux Empereurs" qui dure 9 jours et commence au début du neuvième mois lunaire.

Alors que les pétards explosent à leur passage, ils défilent par centaines sur de la musique traditionnelle crachée par des enceintes dans les rues de la ville, rivalisant d'une originalité parfois morbide.

Plusieurs participants ont été vus la joue transpercée par une douzaine de longs couteaux, de dagues, ou de sécateurs géants, tandis que d'autres faisaient passer des dizaines d'aiguilles ou des lames d'épée à travers leur lèvre inférieure, laissant s'échapper des coulées de sang.

Beaucoup se mettent dans un état de transe avant de s'auto-mutiler, ce qui est supposé atténuer la douleur.

Ce festival doit attirer des centaines de milliers de touristes dans le sud thaïlandais jusqu'au week-end prochain, selon Kanokkittika Kritwutikon, le directeur de l'office de tourisme de Phuket.

Un afflux plus que bienvenu pour les hôtels et restaurants de cette région, alors que la Thaïlande est confrontée à une quasi stagnation de son activité touristique, secteur-clé de son économie.

L'Obs avec Agence France Presse - 3 octobre 2019