Devenu une rencontre incontournable pour les amateurs de photographie d’art, le festival Photo Phnom Penh est l’occasion pour une quarantaine d’artistes asiatiques et européens de s’afficher, se rencontrer et échanger . Cette aventure initiée en 2008 par le directeur de l’institut français de l’époque sous la direction artistique de Christian Caujolle a rapidement pris une dimension internationale. « En 2008 nous avons peiné à trouver seulement quatre artistes photographes cambodgiens de haut niveau à présenter, nous en présentons treize cette année, souligne Christian Caujolle, directeur artistique de l'association photo Phnom Penh. Le nombre de bénévoles recrutés - 120 en un jour et demi - est aussi un indicateur de l’engouement de la jeune génération pour cet art qui était totalement méconnu au Cambodge il y a dix ans ». Philong Savon, photographe cambodgien de renommée internationale, présent au festival dès le début le confirme : « il y a dix ans, je commençais tout juste la photo et ne connaissais que des artistes étrangers. Nos efforts ont servi la photographie au Cambodge ». Parmi les 43 photographes participant au festival, 13 sont cambodgiens.

L’institut français du Cambodge (IFC) ouvrira les festivités avec une soirée de projection sur fond sonore live dès le jeudi 24 octobre. Le lancement durera quatre jours avec d’autres événements comme des conférences sur la photographie, une revue de portfolios et des projections photographiques dans divers lieux. Un tour en tuktuk, qui permet aux visiteurs inscrits de découvrir les lieux d’exposition en compagnie des artistes, partira samedi 26 octobre de l’institut français du Cambodge pour s’arrêter à Koh Pich. Il passera dans le désordre par l’ambassade de France, la délégation de l’Union européenne au Cambodge, le lycée Preah Sisowath, le lycée Chaktomuk, le Java Creative Cafe Independance Monument, la Plantation, la Future Factory, la galerie Sra’Art et le centre Bophana. Les thématiques abordées par les photographes sont multiples. « Nous voulons que le festival parle de la photographie dans son ensemble, des choix différents faits par les photographes, et des différentes questions posées par la photographie », explique Christian Caujolle.

Le festival s’exporte cette année dans la ville de Siem Reap, où la galerie Batia Sarem accueillera une exposition à partir du 2 novembre. Ce nouveau lieu inspiré par deux galeristes parisiens va mettre en avant dix artistes cambodgiens contemporains. L’occasion pour le festival Photo Phnom Penh de s’étendre au-delà des murs de la capitale. L’exposition, qui a pour thème le changement climatique et l’environnement, présentera les mêmes photographes qu’à la galerie Sra’Art de Phnom Penh.

Parmi les lieux emblématiques du festival, le mur de l’ambassade de France, habituellement réservé aux artistes français, mettra à l’honneur pour cette édition 2019 dix des photographes cambodgiens les plus célèbres et constituera par conséquent la première exposition collective de photographes cambodgiens réalisée au Cambodge.

La délégation de l’Union européenne a quant à elle demandé à dix artistes européens ayant déjà participé au moins une fois à ce festival d’afficher leur point de vue sur l’impact du changement climatique sur leur environnement. Cinq couples franco-cambodgiens présenteront le résultat de leur résidence artistique dans et sur la ville de Sète à l’IFC. Des autoportraits peints à l’acrylique du photojournaliste cambodgien Mak Remissa, qui a remplacé l’objectif par le pinceau, seront aussi exposés à l'institut français.

Pour les organisateurs ce dixième festival doit toucher un large public cambodgien, au delà des initiés, d’où une grande visibilité dans des lieux de passage en plein air et dans des écoles ainsi que des traductions des commentaires en khmer. Les expositions resteront visibles jusqu’au 24 novembre à Phnom Penh et Siem Reap.

Le programme complet peut être consulté sur la page Facebook de l'association Photo Phnom Penh.

Par Virginie Vallée - Lepetitjournal.com - 21 octobre 2019